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Culture - Correspondance

Balalaïkas symphoniques aux USA

Quand on dit balalaïka, on entonne de suite la chanson du film du « Dr Jivago » ou encore « Les Yeux noirs ». Aujourd'hui, cet instrument, écho de l'âme slave, a des résonances symphoniques au pays de l'Oncle Sam.

L’orchestre : à droite, les balalaïkas.

« Les Russes arrivent, les Russes arrivent ! » a- t-on crié sur grand écran américain en 1966. Aujourd'hui, au pays de l'Oncle Sam, on clame : « À nous la musique russe ! »  Témoin, le concert que vient de donner, au centre d'art Strathmore, l'Orchestre symphonique américain de balalaïkas. C'est une formation complètement made in USA qui a été mise su pied en 2001. Elle a voulu reprendre une vogue du XIXe siècle, lancée par un aristocrate russe nommé Vassily Andreyev qui avait décidé que la balalaïka devait relever des salles de concert et non seulement des bardes et des serfs. Comme dans les orchestres symphoniques traditionnels, celui-ci utilise les instruments à cordes russes, tels que les balalaïkas et ceux de la famille des domras, plutôt que les violons, les violoncelles et les contrebasses.
Depuis sa création, l'Orchestre symphonique américain de balalaïka est dirigé et animé par un Russe, Peter Trofimenko, mais ses musiciens, qui n'ont pas de background est-européen, ont en commun une formation de violonistes ou de guitaristes. D'où la facilité de maîtriser des instruments de la même famille. Trofimenko explique : « La résonance dominante et soutenue des cordes est obtenue par l'emploi fréquent et rapide d'un jeu de trémolos. Ce qui donne à l'orchestre de balalaïkas une sonorité particulière. » Le tout complété par des vents et des percussions habituels auxquels ont été joints des instruments purement russes dont le « bayan » (accordéon à boutons), le « gusli » (harpe à table) et aussi un « cymbalum » (piano tsigane). Au total, 70 exécutants dont 18 joueurs de balalaïka et 27 de domras.

Au-delà de l'ethnie
Voulant aller au-delà du traditionnel répertoire ethnique, cet orchestre s'est enrichi de la panoplie des instruments à vent symphoniques. « Les partitions que nous jouons, explique Peter Trofimenko, sont d'une écriture symphonique hautement sophistiquée. Notre éventail musical est large, allant du jazz et du pop au baroque, en passant par une œuvre d'Étienne Nicolas Méhul (compositeur français, de l'époque de la Révolution). » Déjà lauréat de plusieurs grands prix, son orchestre veut encore aller de l'avant, notamment en élargissant son répertoire et en encourageant des compositeurs à lui dédier des œuvres spéciales. Aux États-Unis, plusieurs autres groupes se sont plu à suivre cette même voie pavée de rythmes chatoyants venus des bords de la Volga.
L'histoire raconte qu'en 1648, le tsar de Russie, Alexis Michaïlovitch, avait décrété par un édit l'interdiction de jouer d'un instrument ou d'en posséder un. Et tous les musiciens, troubadours et bardes ont alors été persécutés et envoyés en exil, et leurs instruments brûlés. C'est alors qu'apparut la balalaïka que chacun pouvait fabriquer. Les premières traces écrites de son existence remontent à 1688, quand des gardes du Kremlin, alors forteresse de Moscou, avaient arrêté deux serfs ivres jouant de la balalaïka. À cause de la fureur que provoquait cet instrument, le tsar n'a eu d'autre choix que d'abroger l'édit et de faire revenir la musique dans les traditions russes. L'ancêtre de la balalaïka s'appelle la domra et date du XVIe siècle. Elle aurait été introduite en Russie par les Tartares. Elle se joue avec un plectre et se décline en plusieurs tailles. La plus courante, la prima, comporte quatre cordes accordées comme un violon. Elle est souvent associée aux orchestres de balalaïkas.
« Les Russes arrivent, les Russes arrivent ! » a- t-on crié sur grand écran américain en 1966. Aujourd'hui, au pays de l'Oncle Sam, on clame : « À nous la musique russe ! »  Témoin, le concert que vient de donner, au centre d'art Strathmore, l'Orchestre symphonique américain de balalaïkas. C'est une formation complètement made in USA qui a été mise su pied en 2001. Elle a voulu reprendre une vogue du XIXe siècle, lancée par un aristocrate russe nommé Vassily Andreyev qui avait décidé que la balalaïka devait relever des salles de concert et non seulement des bardes et des serfs. Comme dans les orchestres symphoniques traditionnels, celui-ci utilise les instruments...
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