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Moyen Orient et Monde - Présidentielle Ukrainienne

Ianoukovitch et Timochenko au 2nd tour, deux candidats proches de Moscou

Quel que soit le futur président de l'Ukraine, Moscou pourra compter sur un partenaire plus conciliant, après des années de guerre de tranchées, tandis que l'Europe aspire avant tout à voir ce pays se stabiliser.
Pour la Russie, « le principal résultat du premier tour de la présidentielle dimanche en Ukraine est l'éviction sans gloire du président Viktor Iouchtchenko. La plupart des problèmes étaient liés à sa volonté de voir l'Ukraine tourner le dos à la Russie », estime le politologue russe Fedor Loukianov. Les relations entre les deux ex-républiques soviétiques n'ont de fait cessé de se dégrader depuis l'élection de M. Iouchtchenko en 2004. La Russie, longtemps puissance tutélaire dans la région, n'a eu de cesse de ramener l'Ukraine dans son giron, quand le président, issu de la révolution orange prooccidentale, ne rêvait que d'adhésion à l'OTAN et à l'Union européenne. La confrontation a atteint son apogée lors des deux crises gazières qui ont privé l'Europe de gaz russe, en 2006 et 2009. Depuis l'été 2009, le Kremlin refusait d'avoir affaire à M. Iouchtchenko. « La Russie est ravie d'assister à la défaite humiliante de Iouchtchenko (qui a obtenu à peine plus de 5 % des voix) », commente Andrew Wilson, expert au Conseil européen pour les relations internationales.
À l'issue du second tour le 7 février, que le vainqueur soit le prorusse Viktor Ianoukovitch ou l'égérie de la révolution orange, Ioulia Timochenko, qui affiche désormais de bonnes relations avec Moscou, « les relations deviendront pragmatiques, voire mercantiles », prédit M. Loukianov, rédacteur en chef de la revue La Russie dans la politique mondiale. « Aucun des candidats n'est plus une marionnette de Moscou », souligne M. Wilson. Mais ni Ianoukovitch ni Timochenko « n'ont évoqué l'adhésion à l'OTAN ou le départ de la flotte russe de la mer Noire ».
La révolution orange, soulèvement populaire qui mena à l'invalidation de la victoire de M. Ianoukovitch à la présidentielle de 2004 pour fraudes électorales, a donné des sueurs froides au Kremlin qui a serré la vis pour éviter que le scénario ne se répète en Russie. « La Russie a obtenu une satisfaction morale, mais pourrait de nouveau avoir mal à la tête », commente pour sa part Vadim Karassev, directeur de l'Institut des stratégies globales à Kiev. « Des divergences économiques demeurent », notamment sur le prix du gaz russe vendu à l'Ukraine, ajoute-t-il.
L'Europe est lasse pour sa part des crises à répétition qui ont secoué le pays depuis cinq ans et veut avant tout garantir ses approvisionnements énergétiques. « Le gaz est pour elle le dossier numéro un (...) Elle ne veut plus de chaos (...) plus de crises ni de nouvelles élections parlementaires », souligne M. Wilson, alors qu'un quart du gaz consommé par les Européens provient de la Russie et qu'il transite à 80 % par l'Ukraine.

Olga NEDBAVEA (AFP)

Quel que soit le futur président de l'Ukraine, Moscou pourra compter sur un partenaire plus conciliant, après des années de guerre de tranchées, tandis que l'Europe aspire avant tout à voir ce pays se stabiliser.Pour la Russie, « le principal résultat du premier tour de la présidentielle dimanche en Ukraine est l'éviction sans gloire du président Viktor Iouchtchenko. La plupart des problèmes étaient liés à sa volonté de voir l'Ukraine tourner le dos à la Russie », estime le politologue russe Fedor Loukianov. Les relations entre les deux ex-républiques soviétiques n'ont de fait cessé de se dégrader depuis l'élection de M. Iouchtchenko en 2004. La Russie, longtemps puissance...
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