Les deux favoris de l’Open de Melbourne, Serena Williams et Roger Federer, lors du tournoi-exhibition organisé par ce dernier en faveur des victimes du séisme en Haïti et qui a réuni 15 000 spectateurs dans la Rod Laver Arena de Melbourne hier.Chacun des spectateurs s’est acquitté d’un droit d’entrée de 10 dollars australiens pour assister à ce tournoi qui réunissait huit joueurs et joueuses de premier plan.Sur le court, Federer a fait équipe avec Lleyton Hewitt, Serena Williams et l’Australienne Samantha Stosur pour quelques doubles en toute décontraction contre Rafael Nadal, Andy Roddick, Novak Djokovic et Kim Clijsters.Tous ces joueurs ont quitté le court après avoir donné l’accolade à deux représentants de la communauté haïtienne de Melbourne qui, drapeau de leur pays en main, sont venus les remercier d’avoir monté cette opération de charité. Photo Paul Crock/AFP
Chez les femmes, le phénomène est pour l'instant moins visible, même si, là aussi, on attend monts et merveilles de Wozniacki, Azarenka ou Radwanska pour prendre la relève.
« On y croit plus que jamais », affirme Djokovic qui, comme Sharapova, prédit une saison passionnante avec la multiplication des possibilités offertes.
Le temps serait à la révolution et les anciens n'auraient qu'à bien se tenir. Federer, depuis qu'il a battu le record de victoires en grand chelem (15) et qu'il est devenu papa de deux jumelles, serait sevré de gloire et de titres. Il continuerait à gérer son capital en bon père de famille, mais sans le même entrain qu'avant. D'ailleurs, il n'a plus gagné depuis le mois d'août.
Quant à Nadal, il serait vieux avant l'heure, usé par un style de jeu exigeant et cinq ans à jouer au chat et à la souris avec Federer. Pire que le Suisse, il n'a plus remporté le moindre tournoi depuis le mois de mai.
Mais voilà, les anciens comptent bien faire de la résistance. Nadal, tenant du titre, a certes dressé une liste de « douze ou treize » vainqueurs potentiels de l'Open d'Australie, il se compte toujours parmi les grands favoris.
Seulement la mi-temps pour Federer
Federer assure, lui, qu'il a « toujours aussi faim », malgré la paternité et les records. Sa carrière, dit-il, n'en est qu'à la « mi-temps » et se poursuivra jusqu'aux JO de 2012 au moins.
Le Suisse répète aussi que les tournois du grand chelem, au meilleur des cinq sets, sont un tout autre défi et que c'est toujours Nadal et lui qui, jusqu'à preuve du contraire, y ont obtenu les meilleurs résultats.
L'ironie veut que, derrière Federer et Nadal, le principal favori de l'Open d'Australie cette année ne soit ni Djokovic ni Murray ou Del Potro, mais un autre vieux baroudeur, Nikolay Davydenko, 28 ans, auteur de résultats exceptionnels ces dernières semaines.
Andy Roddick n'a, lui non plus, pas dit son dernier mot, et même Lleyton Hewitt, plus jeune n° 1 mondial de l'histoire en 2001, projette toujours de « regagner un tournoi du grand chelem », à bientôt 29 ans.
Même chose chez les filles. Qualifier Justine Henin et Kim Clijsters de « vieilles » peut paraître insultant, surtout qu'elles n'ont que 27 et 26 ans. Mais dans le tennis féminin, ce n'est pas négligeable et les deux Belges ont commencé leur carrière professionnelle il y a plus de dix ans déjà.
Leur retour constitue un sacré renfort pour les sœurs Williams dans leur effort de contenir la nouvelle vague qui pousse de plus en plus fort, mais à laquelle on ne peut que conseiller de rester polie avec ses aînées pour l'instant, sous peine de violentes représailles.


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