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Moyen Orient et Monde - Irak

« Ali le Chimique » condamné à mort pour le massacre de Halabja

Crainte de nouvelles tensions après l'exclusion de candidats sunnites sur les listes électorales.

« Ali le chimique » a été condamné à mort pour le massacre en 1988 de 5 000 Kurdes. Daniel Berehulak/Reuters

« La Haute Cour pénale irakienne (...) condamne Ali Hassan al-Majid, dit « Ali le Chimique », à la pendaison jusqu'à la mort pour avoir perpétré délibérément des meurtres, un crime contre l'humanité », a affirmé le juge Abboud Moustapha al-Hamami, lors d'une séance retransmise par la télévision publique irakienne. À l'annonce de la peine, « Ali le Chimique », vêtu d'un keffieh à damiers blancs et noirs et d'une longe robe noire, a déclaré « al-Hamdoulillah, al-Hamdoulillah » (Dieu soit loué) alors que quelques applaudissements étaient entendus dans la salle. Il a également été condamné pour « le déplacement forcé et la disparition de civils », a ajouté le juge. « Ali le Chimique », l'homme de main redouté de son cousin Saddam Hussein, a déjà été condamné à mort à trois reprises pour la répression des rébellions kurdes et chiites.
Le tribunal a par ailleurs condamné à 15 ans de prison les anciens ministre de la Défense et chef des renseignements, Sultan Hachim Ahmad et Saber Abdel Aziz Hussein al-Douri. Un autre chef militaire, Farhan Moutlak al-Joubouri, a écopé de 10 ans de prison. Ils ont été reconnus coupables d'un des pires massacres commis en Irak, qui a symbolisé la brutalité du régime de l'ancien président irakien, Saddam Hussein, lui-même exécuté en décembre 2006.
Alors que la guerre avec l'Iran tirait à sa fin, les combattants kurdes s'étaient emparés du village de Halabja en mars 1988. Ali Hassan al-Majid était alors le chef d'état-major pour le nord de l'Irak et chargé par Saddam d'organiser la riposte. L'armée irakienne avait pilonné la localité, forçant les Kurdes à se replier vers les collines alentour, laissant derrière eux les femmes et les enfants. Selon les bilans établis après le gazage, 5 000 personnes avaient trouvé la mort, dont un très grand nombre de femmes et d'enfants. Des centaines d'autres avaient été grièvement blessées.
À Halabja, des centaines de proches des victimes se sont rassemblés et ont accueilli le jugement avec des cris et des danses de joie.
Par ailleurs, la décision d'écarter des élections des candidats accusés de liens avec le parti Baas de Saddam Hussein menace l'intégration des sunnites dans le jeu politique et fait craindre un retour des tensions communautaires, estiment des hommes politiques et des analystes. La participation de la communauté sunnite aux institutions du pays et au scrutin législatif du 7 mars 2010 est jugée cruciale par l'ONU et les États-Unis pour donner une légitimité au processus électoral.
La commission électorale a exclu des listes électorales 500 candidats sur les 6 500 qui se présentent : parmi eux des figures de proue de la communauté sunnite comme Saleh al-Motlaq, un virulent opposant au gouvernement chiite, ou encore le ministre de la Défense, Abdel Qader Jassem al-Obeidi. Il est reproché aux responsables sunnites de soutenir le parti Baas interdit ou d'en avoir fait l'apologie, ce qui est formellement interdit par la Constitution.
Une décision lourde de conséquences selon Reidar Visser, un analyste et créateur d'un blog sur l'Irak. « La décision d'exclure Motlaq et les autres est dangereusement proche d'une répétition de l'atmosphère électrique sur le plan politique et communautaire dont nous avons été témoins lors des élections de 2005 », dit-il à l'AFP. Boycottées par les sunnites, ces élections avaient consacré les fractures communautaires de l'Irak, la prise du pouvoir de la communauté chiite et jeté les bases du conflit qui devait ensanglanter l'Irak pendant quatre ans.
Marginalisés, de nombreux baassistes et des tribus entières dans les provinces sunnites d'al-Anbar et de Salaheddine étaient alors venus gonfler les rangs de l'insurrection et d'el-Qaëda. Un scénario que l'armée américaine, qui s'apprête à quitter le pays, ne souhaite pas voir se renouveler.
« La Haute Cour pénale irakienne (...) condamne Ali Hassan al-Majid, dit « Ali le Chimique », à la pendaison jusqu'à la mort pour avoir perpétré délibérément des meurtres, un crime contre l'humanité », a affirmé le juge Abboud Moustapha al-Hamami, lors d'une séance retransmise par la télévision publique irakienne. À l'annonce de la peine, « Ali le Chimique », vêtu d'un keffieh à damiers blancs et noirs et d'une longe robe noire, a déclaré « al-Hamdoulillah, al-Hamdoulillah » (Dieu soit loué) alors que quelques applaudissements étaient entendus dans la salle. Il a également été condamné...
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