Programmée de longue date, cette visite semblait compromise après la décision du pape, le 19 décembre, d'octroyer le statut de "vénérable" à Pie XII, accusé d'avoir gardé le silence face à la Shoah. Elle a finalement été maintenue après que le pape eut expliqué que sa décision s'appuyait sur la "vie chrétienne" de Pie XII et non son rôle historique. L'assurance que la béatification n'interviendrait pas en même temps que celle de Jean Paul II, un des principaux artisans du dialogue entre les deux religions, a également contribué à apaiser les tensions. Mais le président de l'Assemblée rabbinique italienne Giuseppe Laras a décidé de boycotter la visite, estimant que "durant l'actuel pontificat, le rapport fraternel (entre juifs et catholiques) est devenu plus faible". L'ambassadeur israélien près du Saint Siège a jugé de son côté que "l'anti-judaïsme catholique existe encore". Le rabbin de Rome, Riccardo Di Segni, puissance invitante, s'est employé à calmer le jeu. Pour lui, la venue de Benoît XVI prouve qu'il veut "continuer le dialogue".
Benoît XVI, dont ce sera la première grande sortie de l'année, a souhaité que cette visite marque "une nouvelle étape sur le chemin irrévocable de la concorde et de l'amitié" entre les deux religions, un dialogue entamé après le concile Vatican II. Pour le cardinal Walter Kasper, chargé au Vatican des rapports avec le judaïsme, il s'agit maintenant de voir "ce que nous pouvons faire ensemble face aux problèmes de la société d'aujourd'hui comme le sida, la justice sociale, l'éducation". Pour lui, cette visite qui intervient 24 ans après celle, historique, de Jean Paul II, s'inscrit dans "une nouvelle atmosphère" entre catholiques et juifs, qui va jusqu'à "l'amitié", même s'il y a encore des questions non résolues, comme la béatification de Pie XII.
Symbole fort, avant d'entrer dans la synagogue, le pape déposera une couronne devant une plaque rappelant la déportation de juifs italiens par l'armée allemande en 1943, durant le pontificat de Pie XII. Le Vatican a toujours affirmé que ce dernier avait contribué à sauver des juifs, en les cachant dans des institutions religieuses et qu'il gardait le silence pour les protéger.
Les relations entre le pape allemand Joseph Ratzinger et la communauté juive s'étaient déjà tendues début 2009, avec la décision du pape de lever l'excommunication de l'évêque négationniste Richard Williamson. La colère ne s'était apaisée qu'après une longue lettre d'explication de Benoît XVI et une rencontre avec des responsables juifs au Vatican. Le voyage du pape en Israël du 11 au 15 mai a aussi contribué à détendre l'atmosphère. Il a été marqué par la visite de deux lieux importants du judaïsme: Yad Vashem, le mémorial de la Shoah, et le Mur des lamentations. Mais l'année s'est achevée sans qu'un accord soit trouvé sur les biens de l'Église en Israël, une question toujours pendante depuis l'établissement de relations diplomatiques entre les deux États en juin 1994. Le Saint-Siège réclame la reconnaissance pleine et entière des droits juridiques et patrimoniaux des congrégations catholiques et la confirmation des exemptions fiscales dont bénéficiait l'Église au moment de la naissance de l'État d'Israël en mai 1948 et que les Nations unies avaient demandé à l'État hébreu d'honorer.
Programmée de longue date, cette visite semblait compromise après la décision du pape, le 19 décembre, d'octroyer le statut de "vénérable" à Pie XII, accusé d'avoir gardé le silence face à la Shoah. Elle a finalement été maintenue après que le pape eut expliqué que sa décision s'appuyait sur la "vie chrétienne" de Pie XII et non son rôle historique. L'assurance que la béatification n'interviendrait pas en même temps que celle de Jean Paul II, un des principaux artisans du dialogue entre les deux religions, a également contribué à apaiser les tensions. Mais le président de l'Assemblée rabbinique italienne Giuseppe Laras a décidé de boycotter la visite, estimant...


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