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Liban - Éclairage

La détermination de Berry, une attaque préventive contre la stratégie de défense ?

Le moins que l'on puisse dire est que la détermination de Nabih Berry à aller de l'avant dans son projet de formation de la commission sur l'abolition du confessionnalisme fait grincer beaucoup de dents et couler beaucoup d'encre, surtout que le n° 2 de l'État, visiblement, n'en a que faire des réactions d'opposition venant de tous côtés, notamment celle du patriarche maronite, et parfois très violentes, à l'instar de celle du chef du CPL, pourtant allié du président de la Chambre au sein du 8 Mars.
Un tel sujet, particulièrement crucial s'il en est, nécessitant pour le moins un consensus national, un homme politique à l'œil acéré n'hésite pas à rappeler qu'en 2006, lors de la formation de la table de dialogue, le même Nabih Berry avait insisté sur le fait qu'un accord sur des questions litigieuses doit se faire à l'unanimité, en raison, avait-il précisé, de la nature de la formule libanaise. Il rappelle également la réaction du 8 Mars au moment de la formation du gouvernement - lequel 8 Mars avait à l'époque très fermement réclamé un consensus en bonne et due forme, une exigence aujourd'hui balayée d'un revers de main.
Pour des personnalités ayant participé à la gestation de l'accord de Taëf, il est des mesures à appliquer avant que de penser créer cette fameuse commission ; d'autant qu'il est absolument aberrant de penser abolir le confessionnalisme politique alors que le système et la Constitution sont basés sur le partage communautaire et le clientélisme. Tout cela revient, en réalité, à mettre la charrue avant les bœufs et cela est inadmissible.
Un député de la majorité s'interroge ainsi sur la sagesse de Nabih Berry, sur le pourquoi d'une telle détermination à enclencher un processus aussi délicat, épineux et litigieux à l'aune des tensions intersectaires et de la prolifération des armes du Hezbollah « qui se comporte comme l'État au sein du mini-État libanais ». Comment, se demande-t-il, peut-on ne serait-ce que penser débattre de la déconfessionnalisation avant que d'en finir avec la question des armes et regrouper celles-ci au sein du seul État ? Et d'aucuns rappellent aussi à ce sujet l'absence totale de toute réaction de la part de Nabih Berry lorsque l'ancien président Élias Hraoui avait placé le mariage civil au cœur du débat - un thème considéré comme un parfait prélude à l'abolition du confessionnalisme, justement.
Les questions se bousculent, notamment sur le timing de l'initiative Berry, dans toutes les communautés et toutes tendances politiques confondues, mais des milieux politiques du 14 Mars craignent que ce timing ne soit intimement lié à des motivations et des considérations quelque peu douteuses liées au dossier des armes du Hezbollah et aux appels incessants visant à donner à l'État le monopole de toute décision de guerre ou de paix.
Évoquer l'abolition du confessionnalisme à quelques semaines de la relance de la table de dialogue serait une façon de dynamiter à l'avance toute exigence liée à la stratégie de défense, de transformer l'initiative Berry en épée de Damoclès à chaque fois que quelqu'un demanderait la fusion entre résistance et armée nationale. D'autant que des milieux diplomatiques ne cachent pas leur crainte de voir le Hezbollah, dans une initiative totalement unilatérale, provoquer Israël jusqu'au bout et rendre ainsi caduque ne serait-ce que l'évocation de la stratégie de défense.

Le moins que l'on puisse dire est que la détermination de Nabih Berry à aller de l'avant dans son projet de formation de la commission sur l'abolition du confessionnalisme fait grincer beaucoup de dents et couler beaucoup d'encre, surtout que le n° 2 de l'État, visiblement, n'en a que faire des réactions d'opposition venant de tous côtés, notamment celle du patriarche maronite, et parfois très violentes, à l'instar de celle du chef du CPL, pourtant allié du président de la Chambre au sein du 8 Mars.Un tel sujet, particulièrement crucial s'il en est, nécessitant pour le moins un consensus national, un homme politique à l'œil acéré n'hésite pas à rappeler qu'en 2006, lors de la formation de la table de...
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