Des dizaines de dignitaires religieux réunis à la mosquée al-Machhed de Sanaa pour la « Réunion des ulémas du Yémen sur les dangers d’une intervention étrangère ». Khaled Abdullah/Reuters
La capacité du Yémen à combattre les groupes extrémistes qui se trouvent sur son territoire est au cœur des débats à Washington après la tentative d'attentat sur un avion de ligne américain le jour de Noël par un Nigérian qui aurait été radicalisé lors d'un séjour au Yémen. Mais Sanaa a exclu un déploiement de troupes étrangères dans le pays et le président Barack Obama a indiqué récemment qu'il ne l'envisageait pas. « Nous sommes capables de faire face à el-Qaëda », a affirmé Ali al-Anisi, président du Conseil de sécurité nationale et directeur de cabinet du président yéménite, Ali Abdallah Saleh. « Tout ce dont nous avons besoin, c'est de renseignements et d'une aide technique ».
Le 7 janvier, Rachad al-Alimi, vice-Premier ministre aux Affaires de la défense et de la sécurité, avait lui aussi prévenu qu'une « intervention directe des États-Unis pourrait renforcer le réseau d'el-Qaëda et non l'affaiblir ».
La déclaration du président Obama est « positive », a commenté hier cheikh Zendani, qui s'en est pris par ailleurs à la conférence internationale sur le Yémen, prévue le 28 janvier à Londres, estimant qu'elle conduirait à imposer « un mandat » sur le pays. Dans leur fatwa, les ulémas ont appelé les participants à la conférence de Londres à « respecter la souveraineté et l'indépendance du Yémen » et à ne pas chercher à imposer à ce pays « une forme de protectorat ». Ils ont dénoncé indirectement les attentats perpétrés contre des civils et des étrangers au Yémen, en soulignant que « l'islam interdit le meurtre d'innocents ou d'étrangers, et toute attaque à leur encontre ». Mais ils ont également qualifié de « crime l'effusion du sang d'innocents à Abyane, Chabwa et Arhab », en référence aux civils tués dans des opérations militaires des forces gouvernementales les 17 et 24 décembre contre des positions d'el-Qaëda dans le Sud, dans l'Est et près de Sanaa.
Les autorités se sont pour leur part déclarées hier déterminées à « éradiquer » el-Qaëda du territoire yéménite et ont affirmé être en guerre ouverte contre le réseau. Une source des services de sécurité a en outre appelé la population à coopérer dans la traque des membres du réseau extrémiste, la mettant en garde contre toute tentative de « cacher des éléments d'el-Qaëda ».
Cet appel est intervenu au lendemain de l'annonce par les autorités de la mort, dans une opération de sécurité, de Abdallah Mehdar, présenté comme le chef d'el-Qaëda dans la province de Chabwa (Est), où se réfugieraient les principaux responsables du réseau d'Oussama Ben Laden. Si cette personne recherchée a été tuée, 25 de ses partisans ont réussi à prendre la fuite vers les montagnes avoisinantes, selon les autorités.


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