Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Terrorisme

Les ulémas yéménites appelleront au jihad en cas d’intervention étrangère

Le gouvernement de Sanaa déclare la guerre à el-Qaëda et met en garde ceux qui seraient tentés d'aider les insurgés islamistes.

Des dizaines de dignitaires religieux réunis à la mosquée al-Machhed de Sanaa pour la « Réunion des ulémas du Yémen sur les dangers d’une intervention étrangère ». Khaled Abdullah/Reuters

« Le jihad sera un devoir pour tous les musulmans si une quelconque partie étrangère persiste à vouloir agresser le Yémen, y intervenir militairement ou l'envahir », ont averti les ulémas dans un communiqué rendu public lors d'une rencontre avec la presse dans une mosquée de Sanaa. Cette fatwa, annoncée en présence de plusieurs religieux dont cheikh Abdelmajid Zendani, un influent chef islamiste soupçonné par Washington de soutenir le terrorisme, a été accueillie aux cris d'« Allah Akbar » (Dieu est le plus grand) par une assistance formée notamment d'étudiants en théologie. Justifiant leur décret religieux par un « complot » tramé contre leur pays, les ulémas ont proclamé « leur refus total » de « toute intervention étrangère, qu'elle soit politique, militaire ou sécuritaire ». Ils se sont également dit opposés « à toute présence étrangère, tout accord militaire ou toute coopération sécuritaire ou militaire avec une quelconque partie étrangère qui ne soit pas en accord avec la charia » (loi islamique).
La capacité du Yémen à combattre les groupes extrémistes qui se trouvent sur son territoire est au cœur des débats à Washington après la tentative d'attentat sur un avion de ligne américain le jour de Noël par un Nigérian qui aurait été radicalisé lors d'un séjour au Yémen. Mais Sanaa a exclu un déploiement de troupes étrangères dans le pays et le président Barack Obama a indiqué récemment qu'il ne l'envisageait pas. « Nous sommes capables de faire face à el-Qaëda », a affirmé Ali al-Anisi, président du Conseil de sécurité nationale et directeur de cabinet du président yéménite, Ali Abdallah Saleh. « Tout ce dont nous avons besoin, c'est de renseignements et d'une aide technique ».
Le 7 janvier, Rachad al-Alimi, vice-Premier ministre aux Affaires de la défense et de la sécurité, avait lui aussi prévenu qu'une « intervention directe des États-Unis pourrait renforcer le réseau d'el-Qaëda et non l'affaiblir ».
La déclaration du président Obama est « positive », a commenté hier cheikh Zendani, qui s'en est pris par ailleurs à la conférence internationale sur le Yémen, prévue le 28 janvier à Londres, estimant qu'elle conduirait à imposer « un mandat » sur le pays. Dans leur fatwa, les ulémas ont appelé les participants à la conférence de Londres à « respecter la souveraineté et l'indépendance du Yémen » et à ne pas chercher à imposer à ce pays « une forme de protectorat ». Ils ont dénoncé indirectement les attentats perpétrés contre des civils et des étrangers au Yémen, en soulignant que « l'islam interdit le meurtre d'innocents ou d'étrangers, et toute attaque à leur encontre ». Mais ils ont également qualifié de « crime l'effusion du sang d'innocents à Abyane, Chabwa et Arhab », en référence aux civils tués dans des opérations militaires des forces gouvernementales les 17 et 24 décembre contre des positions d'el-Qaëda dans le Sud, dans l'Est et près de Sanaa.
Les autorités se sont pour leur part déclarées hier déterminées à « éradiquer » el-Qaëda du territoire yéménite et ont affirmé être en guerre ouverte contre le réseau. Une source des services de sécurité a en outre appelé la population à coopérer dans la traque des membres du réseau extrémiste, la mettant en garde contre toute tentative de « cacher des éléments d'el-Qaëda ».
Cet appel est intervenu au lendemain de l'annonce par les autorités de la mort, dans une opération de sécurité, de Abdallah Mehdar, présenté comme le chef d'el-Qaëda dans la province de Chabwa (Est), où se réfugieraient les principaux responsables du réseau d'Oussama Ben Laden. Si cette personne recherchée a été tuée, 25 de ses partisans ont réussi à prendre la fuite vers les montagnes avoisinantes, selon les autorités.

« Le jihad sera un devoir pour tous les musulmans si une quelconque partie étrangère persiste à vouloir agresser le Yémen, y intervenir militairement ou l'envahir », ont averti les ulémas dans un communiqué rendu public lors d'une rencontre avec la presse dans une mosquée de Sanaa. Cette fatwa, annoncée en présence de plusieurs religieux dont cheikh Abdelmajid Zendani, un influent chef islamiste soupçonné par Washington de soutenir le terrorisme, a été accueillie aux cris d'« Allah Akbar » (Dieu est le plus grand) par une assistance formée notamment d'étudiants en théologie. Justifiant leur décret religieux par un « complot » tramé contre leur pays,...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut