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Liban - Diplomatie

Sleiman s’en prend à nouveau aux mesures vexatoires visant les Libanais

Le président de la République a reçu hier à Baabda le corps diplomatique pour la traditionnelle cérémonie de vœux.

M. Sleiman saluant l’ambassadrice des États-Unis. Photo Dalati et Nohra

Le chef de l'État, Michel Sleiman, est revenu hier à la charge au sujet des mesures annoncées par les États-Unis, renforçant le contrôle des voyageurs venant, entre autres, du Liban. Sans mentionner nommément les États-Unis, M. Sleiman a réaffirmé que ces mesures sont inacceptables et qu'elles doivent être abandonnées.
Le chef de l'État s'exprimait dans un discours prononcé devant les membres du corps diplomatique, venus à Baabda présenter leurs vœux du Nouvel An.
En leur nom, le doyen du corps diplomatique, le nonce apostolique Mgr Gabriele Caccia, a prononcé un discours dans lequel il a mis d'emblée l'accent sur « la richesse du patrimoine culturel » du Liban et sur son « unité harmonieuse dans sa diversité ».
« Le Liban a d'importantes capacités humaines et spirituelles qui sont le gage d'un avenir prospère », a dit le nonce, qui a soutenu la démarche du chef de l'État auprès des nations pour faire du Liban un siège international pour le dialogue des religions, des cultures et des civilisations dans le monde.
M. Sleiman a ensuite pris la parole. Voici de larges extraits de son discours :
« La précédente décennie a été principalement marquée par des actes de terrorisme, de violence, de meurtres et d'agressions. Elle a vu aussi le déclenchement d'une crise financière dont les États et les sociétés s'efforcent encore de maîtriser les conséquences.
« Pour le Liban, l'année écoulée a cependant été bien meilleure que les précédentes. Elle a connu des développements positifs sur les plans politique, diplomatique, sécuritaire et économique qui ouvrent la voie à davantage de pacification, de stabilité et de croissance.
« Des élections législatives ont eu lieu dans un climat de démocratie et de paix et toutes les parties en ont reconnu les résultats. Le Liban a pu à cette occasion retrouver la confiance du monde extérieur et arabe ainsi que celle de ses fils émigrés. Il a pu aussi retrouver son prestige, sa stabilité et la solidité de ses institutions et su éviter les répercussions de la crise financière mondiale. Les émigrés et les touristes sont venus en nombre record, les transferts vers les banques libanaises se sont multipliés et le taux de croissance a grimpé.
« L'année a également vu l'organisation de conférences arabes et internationales, de festivals et de manifestations importantes, à l'instar des Jeux de la francophonie, parallèlement à la consécration de Beyrouth comme capitale mondiale du livre.
« Sur le plan politique, l'entente nationale a été consolidée. Un gouvernement de coalition a été formé, renforçant le climat de confiance et de calme, et nos relations privilégiées avec la Syrie se sont améliorées.
« D'autre part, les services de sécurité libanais ont réussi à démanteler un grand nombre de réseaux d'espionnage israéliens qui cherchaient à déstabiliser le pays. Ces services ont aussi fait preuve de mérite en parvenant à arrêter des groupes terroristes qui s'employaient à nuire au Liban et aux forces internationales présentes sur son territoire. De là notre quête permanente en vue de la fourniture d'armements modernes à l'armée libanaise pour lui permettre de défendre sa frontière méridionale et combattre le péril terroriste.
« À la lumière de ce qui précède, nous considérons que toute mesure discriminatoire traitant le Liban et les Libanais, en particulier les voyageurs, sous l'angle de la suspicion et des vexations ne peut que susciter notre protestation et doit impérativement être abandonnée. De même, nous ne pouvons qu'affirmer notre attachement à la liberté d'expression et de presse et notre opposition à toute décision visant à interdire d'émission des chaînes de télévision satellitaires, y compris libanaises.

Les « constantes nationales »
« Le Liban a pu, à grâce au soutien de vos États, obtenir un siège non permanent au Conseil de sécurité pour les deux prochaines années. Nous aurons l'honneur d'assumer cette responsabilité, animés par notre détermination à consolider la place du Liban et son prestige sur la scène internationale.
« Dans le processus de prise de décision, le Liban se fondera sur des principes d'orientation complémentaires. Il s'inspirera d'une part de son intérêt national supérieur et de la position du groupe des États arabes qu'il représente au Conseil de sécurité, et prendra d'autre part la position utile à l'humanité entière à la lumière des devoirs imposés aux États par la Charte des Nations unies.
« En règle générale, le Liban donnera la priorité aux solutions diplomatiques prenant en compte les intérêts des peuples et leur droit à une vie digne.
« Au cours de l'année écoulée, la situation intérieure s'est améliorée et, sur le plan arabe, il y a un élan nouveau vers le rapprochement et l'entente. Les États arabes réunis ont maintenu leur engagement en faveur de l'initiative arabe de paix. Mais ces progrès ne s'appliquent pas à la région en tant que tout, du fait de l'obstination d'Israël et de ses agissements arbitraires. La justice impose à la communauté internationale d'adopter une attitude plus ferme au sujet des éléments d'une paix juste et globale, fondée sur les résolutions internationales.
« Quant au Liban, il demeure attaché à ses constantes nationales. Ce pays avait réussi, grâce à son peuple, à son armée et à sa résistance, à contraindre Israël à se retirer de la plus grande partie de son territoire. Il se réserve aujourd'hui le droit de libérer ou d'obtenir la rétrocession de ce qui lui reste comme territoires occupés dans la partie nord de Ghajar, les collines de Kfarchouba et les fermes de Chebaa, et cela par tous les moyens légitimes et disponibles. Dans le même temps, le Liban réaffirme son engagement à mettre en œuvre la résolution 1701 du Conseil de sécurité dans tous ses points et appelle de nouveau la communauté internationale à renouveler ses efforts pour imposer à Israël l'application de cette résolution.
« À cette occasion, je ne peux que faire part de mon estime pour les sacrifices fournis par la Finul et je salue la coordination établie entre cette force et l'armée libanaise.
« Vous savez combien le Liban est attaché au droit des réfugiés palestiniens à revenir chez eux et combien il est opposé à toute forme d'implantation de ces réfugiés sur son sol. Cette position a commencé à susciter une compréhension, du moins partielle, chez de nombreuses puissances actives qui affirment désormais ne pas accepter une quelconque solution au Proche-Orient aux dépens du Liban et de ses intérêts vitaux. Le besoin reste de concrétiser cette position et de la faire développer par le biais d'une stratégie que nous avons l'intention d'élaborer.
« Parallèlement à l'action nécessaire pour préserver la sécurité et la stabilité à l'intérieur et pour accompagner les horizons de paix et les risques de guerre sur le plan régional, ainsi que la poursuite du dialogue en vue d'un accord sur une stratégie nationale globale, nos efforts vont se concentrer cette année sur le renforcement des moyens de réédification de l'État et de ses institutions, la réalisation des réformes dans plusieurs domaines et l'adoption de nouvelles lois sur la nationalité et sur les élections. Un soin particulier sera aussi consacré aux questions économiques et sociales. »

Le chef de l'État, Michel Sleiman, est revenu hier à la charge au sujet des mesures annoncées par les États-Unis, renforçant le contrôle des voyageurs venant, entre autres, du Liban. Sans mentionner nommément les États-Unis, M. Sleiman a réaffirmé que ces mesures sont inacceptables et qu'elles doivent être abandonnées. Le chef de l'État s'exprimait dans un discours prononcé devant les membres du corps diplomatique, venus à Baabda présenter leurs vœux du Nouvel An.En leur nom, le doyen du corps diplomatique, le nonce apostolique Mgr Gabriele Caccia, a prononcé un discours dans lequel il a mis d'emblée l'accent sur « la richesse du patrimoine culturel » du Liban et sur son...
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