Un militaire garde l’entrée du ministère des Affaires étrangères à Sanaa. Khaled Abdullah/Reuters
Les autorités yéménites ont intensifié leur campagne depuis décembre contre el-Qaëda dans la péninsule Arabique (Aqpa), qui a revendiqué l'attentat manqué du 25 décembre contre un avion de ligne américain. M. Kourbi a cependant estimé que l'option militaire n'était « pas le seul moyen » pour vaincre el-Qaëda, ajoutant que la communauté internationale devrait « revoir son approche » dans sa « lutte contre le terrorisme qui a échoué après une expérience de près dix ans ». Au Yémen, « nous devrions éviter de répéter les erreurs d'autres pays », a-t-il encore dit en allusion à l'Afghanistan. « Il est de notre responsabilité de nous assurer que la lutte contre le terrorisme et el-Qaëda préservera aussi l'intégrité territoriale et la sécurité du Yémen », a-t-il poursuivi. Un influent islamiste yéménite, cheikh Abdelmajid Zendani, soupçonné par Washington de soutenir le terrorisme, avait assimilé lundi une éventuelle intervention américaine au Yémen contre el-Qaëda à une « occupation militaire » qui provoquerait un soulèvement populaire.
Le Yémen, l'un des pays les plus pauvres de la planète et qui est confronté à un renforcement d'el-Qaëda mais aussi à une rébellion chiite dans le nord du pays et à un mouvement séparatiste dans le Sud, nourrit beaucoup d'espoirs quant à la conférence internationale de Londres, a indiqué M. Kourbi. Le Premier ministre britannique Gordon Brown avait appelé à la tenue d'une réunion internationale sur la lutte contre le terrorisme au Yémen le 28 janvier à Londres. M. Kourbi a espéré que « cette conférence favorisera une approche stratégique qui aidera le Yémen à se développer et à combattre le terrorisme ». Une telle approche peut, selon lui, « aider le Yémen à régler ses problèmes de développement qui sont (...) à l'origine de plusieurs problèmes politiques ».
En revanche, « le gouvernement n'acceptera rien qui puisse nuire à sa souveraineté », a-t-il dit en réponse à une question sur les risques pour le Yémen de se placer de nouveau sous « un protectorat » occidental.
Regain de violence dans le Nord
Par ailleurs, le chef de la diplomatie yéménite a annoncé que les autorités négociaient la libération de cinq Allemands et d'un Britannique enlevés depuis six mois et retenus en otages à Saada, fief de la rébellion chiite. Les cinq Allemands, un couple et trois enfants, et le Britannique sont retenus en otages depuis juin. Les cadavres de deux Allemandes et d'une Sud-Coréenne, kidnappés en même temps qu'eux, avaient été retrouvés peu après leur enlèvement.
Parallèlement à ces négociations, des affrontements entre les rebelles chiites du Nord et les forces de sécurité yéménites et saoudiennes n'en ont pas moins eu lieu hier. Ces affrontements ont fait 23 morts au moins, ont rapporté les autorités. Quatre soldats saoudiens ont notamment été tués dans des combats avec les insurgés à un poste-frontière de la région d'al-Djabri, selon le ministre adjoint de la Défense, Khaled ben Sultan. Les rebelles infiltrés en territoire saoudien avaient reçu un ultimatum de 48 heures pour quitter les lieux. « Ils ne l'ont pas respecté. (...) Ils ont tous été éliminés », a déclaré le prince Khaled à la télévision publique. Les forces saoudiennes ont repris le contrôle de cette localité, a indiqué le prince saoudien.

