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Liban - La Situation

Réconciliations officielles et tiraillements discrets, les deux faces du paysage politique interne

Entre la semaine qui s'achève et celle qui commence, le week-end sera placé sous le signe de la réconciliation. Certes, entre le PSP de Walid Joumblatt et le Hezbollah, le processus a déjà été bel et bien entamé, mais la rencontre de demain dimanche qui se déroulera à Choueifate, en présence aussi bien du commandement politique des deux camps que de leurs bases respectives, est destinée à tourner définitivement la sinistre page du 7 mai 2008. Un dimanche en chasse donc un autre, celui du 10 janvier 2010 est censé effacer des mémoires celui du 11 mai 2008, lorsque entre Kaïfoun (chiite) et Komatiyé (druze) et à Choueifate, qui surplombe la banlieue sud de Beyrouth, de très violents combats (les seuls d'une telle violence en ce mois de mai) avaient fait rage, et l'artillerie lourde avait alors été utilisée pour stopper l'avancée des combattants du Hezbollah. C'était d'ailleurs le seul affrontement aussi violent entre ces deux camps depuis la fameuse « bataille du drapeau » entre Amal et le PSP à Beyrouth dans les années 80, qui s'était d'ailleurs terminée par un redéploiement des forces syriennes dans les secteurs ouest de la capitale. Point de forces syriennes ce dimanche, mais certainement une ombre syrienne qui planera sur les présents et inspirera sans aucun doute les quatre discours prévus, de Walid Joumblatt bien sûr, mais aussi de l'émir Talal Arslane, véritable initiateur de la réconciliation, du représentant de Nasrallah, Mohammad Raad, et de celui de Berry, Ali Hassan Khalil. La cérémonie aura donc une valeur symbolique, tant les deux communautés - qui ont longtemps entretenu de bonnes relations par nécessité et par conviction, en raison de l'interdépendance stratégique des régions qu'elles contrôlent - ont laissé éclater le 11 mai 2008 de peurs latentes qui doivent être enrayées.
Autre réconciliation en perspective, la rencontre toujours entre Walid Joumblatt et le général Michel Aoun à Rabieh, lundi. S'il est vrai que depuis la bataille de Souk el-Gharb dans les années 80, il n'y a pas eu d'affrontement concret entre les deux hommes, cette rencontre reste hautement symbolique et scelle le dernier maillon des retrouvailles de la montagne druzo-chrétienne. En principe, Joumblatt sera accompagné d'une importante délégation du bloc parlementaire qu'il préside (sauf le député Fouad el-Saad), alors que Aoun réunira pour accueillir ses invités une délégation non moins importante du Bloc du changement et de la réforme. En principe toujours, cette rencontre au caractère plus ou moins solennel devra être l'occasion d'annoncer de nouvelles mesures pour parachever le retour des chrétiens dans la Montagne, d'autant que le comité conjoint formé des deux camps a planché ces dernières semaines sur les dossiers encore en suspens de certains villages.

La sécurité
Ces deux moments forts annoncés ne font toutefois pas oublier les soucis du quotidien, dont le problème de la sécurité revenu en force depuis l'explosion de Haret Hreik. Le dossier sécuritaire a toutefois enregistré jeudi soir un développement important avec l'arrestation par les services de renseignements de l'armée du dénommé Mounir Maziane (ce nom a été donné par la chaîne al-Manar alors que les sources de sécurité affirment qu'il en a plusieurs autres), surnommé « Abou al-Walid », à son domicile à Raml el-
Zarif. Le suspect serait un des proches adjoints de Abdel Ghani Jawhar, un des chefs du groupe Fateh el-Islam, recherché activement par les services libanais. L'arrestation d'Abou al-Walid pourrait permettre de retrouver Jawhar, et les services de sécurité affirment qu'il s'agit d'une « grosse prise » qui était placée sous surveillance depuis plusieurs mois.
Cette arrestation arrive en tout cas à point nommé pour permettre au président de la République Michel Sleiman d'assurer à une délégation américaine que le Liban est un pays sûr qui jouit d'une grande stabilité et qui lutte avec succès contre le terrorisme. Ce qui rend les mesures décrétées contre, entre autres, les Libanais dans les aéroports américains totalement injustifiées. Le président a ainsi exprimé, au nom de tous les Libanais, son étonnement d'être puni pour une faute non commise. Le président de la Chambre Nabih Berry n'a pas été en reste. Précédant sa rencontre aujourd'hui avec la délégation américaine, il a directement envoyé une lettre à la présidente du Parlement américain Nancy Pelosi pour protester contre la loi interdisant la diffusion sur le territoire américain des chaînes arabes « accusées de promouvoir la haine contre les États-Unis ».
Surenchère destinée à cacher les divergences profondes qui entachent le dossier des nominations administratives qui doivent couvrir près de cent postes de premier plan ? Certains observateurs rappellent que Berry a reçu hier soir le conseiller politique du secrétaire général du Hezbollah, Hussein Khalil, accompagné de Mohammad Fneich chargé du dossier des nominations en sa qualité de ministre d'État pour la Reforme administrative. Cette fois, en effet, le Hezbollah compte avoir sa part dans les nominations alors que, jusqu'à présent, les postes revenant aux chiites étaient laissés à Berry... Derrière les réconciliations, les tiraillements demeurent et touchent tous les camps.
Entre la semaine qui s'achève et celle qui commence, le week-end sera placé sous le signe de la réconciliation. Certes, entre le PSP de Walid Joumblatt et le Hezbollah, le processus a déjà été bel et bien entamé, mais la rencontre de demain dimanche qui se déroulera à Choueifate, en présence aussi bien du commandement politique des deux camps que de leurs bases respectives, est destinée à tourner définitivement la sinistre page du 7 mai 2008. Un dimanche en chasse donc un autre, celui du 10 janvier 2010 est censé effacer des mémoires celui du 11 mai 2008, lorsque entre Kaïfoun (chiite) et Komatiyé (druze) et à Choueifate, qui surplombe la banlieue sud de Beyrouth, de très violents combats (les seuls...
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