Autre réconciliation en perspective, la rencontre toujours entre Walid Joumblatt et le général Michel Aoun à Rabieh, lundi. S'il est vrai que depuis la bataille de Souk el-Gharb dans les années 80, il n'y a pas eu d'affrontement concret entre les deux hommes, cette rencontre reste hautement symbolique et scelle le dernier maillon des retrouvailles de la montagne druzo-chrétienne. En principe, Joumblatt sera accompagné d'une importante délégation du bloc parlementaire qu'il préside (sauf le député Fouad el-Saad), alors que Aoun réunira pour accueillir ses invités une délégation non moins importante du Bloc du changement et de la réforme. En principe toujours, cette rencontre au caractère plus ou moins solennel devra être l'occasion d'annoncer de nouvelles mesures pour parachever le retour des chrétiens dans la Montagne, d'autant que le comité conjoint formé des deux camps a planché ces dernières semaines sur les dossiers encore en suspens de certains villages.
La sécurité
Ces deux moments forts annoncés ne font toutefois pas oublier les soucis du quotidien, dont le problème de la sécurité revenu en force depuis l'explosion de Haret Hreik. Le dossier sécuritaire a toutefois enregistré jeudi soir un développement important avec l'arrestation par les services de renseignements de l'armée du dénommé Mounir Maziane (ce nom a été donné par la chaîne al-Manar alors que les sources de sécurité affirment qu'il en a plusieurs autres), surnommé « Abou al-Walid », à son domicile à Raml el-
Zarif. Le suspect serait un des proches adjoints de Abdel Ghani Jawhar, un des chefs du groupe Fateh el-Islam, recherché activement par les services libanais. L'arrestation d'Abou al-Walid pourrait permettre de retrouver Jawhar, et les services de sécurité affirment qu'il s'agit d'une « grosse prise » qui était placée sous surveillance depuis plusieurs mois.
Cette arrestation arrive en tout cas à point nommé pour permettre au président de la République Michel Sleiman d'assurer à une délégation américaine que le Liban est un pays sûr qui jouit d'une grande stabilité et qui lutte avec succès contre le terrorisme. Ce qui rend les mesures décrétées contre, entre autres, les Libanais dans les aéroports américains totalement injustifiées. Le président a ainsi exprimé, au nom de tous les Libanais, son étonnement d'être puni pour une faute non commise. Le président de la Chambre Nabih Berry n'a pas été en reste. Précédant sa rencontre aujourd'hui avec la délégation américaine, il a directement envoyé une lettre à la présidente du Parlement américain Nancy Pelosi pour protester contre la loi interdisant la diffusion sur le territoire américain des chaînes arabes « accusées de promouvoir la haine contre les États-Unis ».
Surenchère destinée à cacher les divergences profondes qui entachent le dossier des nominations administratives qui doivent couvrir près de cent postes de premier plan ? Certains observateurs rappellent que Berry a reçu hier soir le conseiller politique du secrétaire général du Hezbollah, Hussein Khalil, accompagné de Mohammad Fneich chargé du dossier des nominations en sa qualité de ministre d'État pour la Reforme administrative. Cette fois, en effet, le Hezbollah compte avoir sa part dans les nominations alors que, jusqu'à présent, les postes revenant aux chiites étaient laissés à Berry... Derrière les réconciliations, les tiraillements demeurent et touchent tous les camps.


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