Des policiers égyptiens font la garde devant l’église de Nagaa Hamadi, hier. Asmaa Waguih/Reuters
Mercredi soir, les assaillants, à bord d'une voiture, ont ouvert le feu près de deux églises et d'un centre commercial de cette ville du gouvernorat de Qena, à quelque 700 km au sud du Caire. Ils ont aussi tiré sur un couvent et les bâtiments de l'évêché. Après l'attaque, les forces de sécurité avaient ratissé les plantations de canne à sucre de la région à la recherche des auteurs de cette fusillade qui visait notamment des fidèles sortant de la messe à la veille de la Noël copte célébrée le 7 janvier.
Les funérailles, jeudi, avaient été marquées par des heurts entre manifestants coptes et forces de l'ordre. Hier, aucun incident violent n'était signalé, mais les habitants de Nagaa Hamadi ne cachaient pas leurs craintes de nouveaux heurts ou de nouvelles agressions. L'évêque de la ville, Anba Kirolos, affirme qu'il avait prévenu les autorités des risques de violences contre sa communauté. « J'écoute la rue, les gens viennent me voir, les rumeurs me parviennent rapidement », déclare-t-il. Mgr Kirolos soupçonne aussi le principal responsable de la tuerie d'avoir agi pour le compte de commanditaires : « Ce n'est pas un homme religieux, c'est quelqu'un qui loue ses services. » Il a confirmé que certains fidèles avaient reçu ces derniers jours des menaces par téléphone. La police suspecte cette fusillade d'être liée au viol, en novembre dernier dans la région, d'une fillette musulmane par un jeune copte, une agression qui a déjà provoqué des actes de violences contre la communauté copte.
Toujours hier, dans une lettre adressée au patriarche Chenouda III, chef de l'Église copte d'Égypte, le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens au Vatican, a écrit : « Tous les chrétiens doivent rester unis face à l'oppression et rechercher ensemble la paix que seul le Christ peut donner (...) J'ai appris avec tristesse la nouvelle tragique de la mort (...) de plusieurs chrétiens coptes après la messe de minuit à Nagaa Hamadi. » « À chaque fois que des chrétiens souffrent injustement, c'est une blessure faite au corps du Christ que tous les croyants partagent », ajoute Mgr Kasper, qui affirme : « Ensemble nous partageons cette tristesse, et ensemble nous prions pour la guérison, la paix et la justice. »
La minorité copte représente environ 8 % des 80 millions d'Égyptiens. Les coptes se plaignent depuis plus de 20 ans de discriminations et de harcèlements systématiques.


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