Le drapeau yéménite flottant au-dessus de Sanaa. Ahmad Gharabli/AFP
Des médias américains avaient fait état d'une participation américaine aux raids lancés par les forces yéménites contre des positions d'el-Qaëda les 17 et 24 décembre, qui s'étaient soldés par la mort de plus de 60 islamistes extrémistes dans le centre et l'est
M. Alimi a cependant appelé les pays occidentaux, dont les États-Unis, à apporter une aide en matériel et en formation dans la guerre contre el-Qaëda, bien implanté dans l'est du Yémen. « El-Qaëda étant une organisation mondiale qui menace la stabilité internationale, il faut qu'il y ait une coopération avec tous les pays du monde, et en premier lieu les Etats-Unis. » « Ce que nous demandons aux États-Unis, c'est une assistance en matière de formation et des armes pour les unités de lutte contre le terrorisme », a-t-il dit, faisant état d'« un échange de renseignements » avec les États-Unis « ainsi qu'avec l'Arabie saoudite », voisine du Yémen.
Londres et Washington avaient annoncé qu'ils allaient renforcer leur action contre le terrorisme au Yémen et en Somalie à la suite de l'attentat manqué du 25 décembre sur un avion américain. Dimanche, le conseiller antiterroriste du président américain Barack Obama, John Brennan, avait annoncé que Washington n'avait pas l'intention d'ouvrir au Yémen un « deuxième front » dans la guerre contre le terrorisme ni d'y déployer des troupes « pour le moment », assurant toutefois que les États-Unis allaient « anéantir » el-Qaëda.
M. Alimi a également indiqué que l'auteur de l'attentat manqué, le Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab, avait rencontré au Yémen l'imam radical Anwar al-Aulaqi, dont les autorités ont perdu la trace après les raids de décembre. Selon lui, le Nigérian a aussi rencontré Mohammad Oumir, un chef d'el-Qaëda, tué dans un raid le 24 décembre. Le Nigérian avait séjourné d'août à décembre au Yémen, quittant le pays peu avant l'attentat manqué sur le vol Amsterdam-Detroit. M. Brennan avait affirmé dimanche qu'Aulaqi serait lié à cet attentat raté ainsi qu'à la fusillade de la base militaire américaine de Fort Hood en novembre qui a fait 13 morts et 42 blessés. D'après M. Alimi, Abdulmutallab pourrait avoir été recruté par el-Qaëda à Londres. La Grande-Bretagne s'était dit inquiète de « la possibilité que la radicalisation de Abdulmutallab puisse avoir débuté ou avoir été avivée lors de ses études à l'University College London ». Elle avait cependant souligné que sa famille pensait qu'elle était intervenue après son départ de Londres.
Par ailleurs, M. Alimi a voulu accréditer la thèse d'une collaboration entre el-Qaëda et les rebelles chiites dans le nord du pays, en affirmant qu'il y avait eu « un partage des tâches » entre eux dans l'enlèvement d'Européens. Selon lui, cinq Allemands, dont trois enfants, et un adulte britannique, enlevés il y a environ six mois au Yémen, sont toujours en vie. Les rebelles ont toujours démenti tout lien avec el-Qaëda.


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