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Liban - Beyrouth-Paris

Sleiman exprime à l’Élysée ses craintes d’une nouvelle agression israélienne

L'entretien d'une heure que Sleiman a eu samedi à l'Élysée a porté aussi bien sur les relations bilatérales que sur les rapports avec Damas ou la conjoncture au P-O, le chef de l'État exprimant ses appréhensions quant à une agression israélienne contre le Liban.

Les présidents Sleiman et Srakozy sous le sapin de Noël de l’Élysée. Éric Piermont/AFP

L'évolution de la conjoncture au Liban, à la lumière notamment de la formation du nouveau gouvernement présidé par Saad Hariri et du dégel enregistré sur le plan des relations libano-syriennes, ainsi que le problème posé par l'impasse dans laquelle se trouve le processus de paix au Proche-Orient ont été au centre de l'entretien que le président Michel Sleiman a eu samedi après-midi à l'Élysée avec son homologue français, le président Nicolas Sarkozy. De source digne de foi, on indique que le chef de l'État a exprimé à cette occasion ses craintes quant à une nouvelle agression israélienne contre le Liban, sous prétexte de crever l'abcès de la crise du nucléaire iranien et de l'armement sans cesse croissant du Hezbollah. Le président Sleiman - qui a regagné Beyrouth samedi soir - était arrivé mercredi à Paris, en compagnie de son épouse, pour une courte visite privée à l'occasion de la fête du Nouvel An. Le président Sleiman, rappelle-t-on, avait déjà effectué une visite d'État à Paris l'an dernier.
L'entretien entre les deux chefs d'État, qui a duré une heure, a eu lieu en présence du secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant, du conseiller diplomatique du président Sarkozy, Jean David Levite, et de l'ambassadeur du Liban en France, Boutros Assaker. Parallèlement aux derniers développements sur la scène libanaise et à l'évolution des relations libano-syriennes, les présidents Sarkozy et Sleiman ont également discuté des relations bilatérales, notamment sur le plan économique, sous l'angle de l'aide française promise lors de la conférence de Paris III et de la mise en application des réformes convenues lors de cette conférence.
Au chapitre de la tension régionale et face aux appréhensions manifestées par le président Sleiman au sujet des risques d'escalade militaire de la part d'Israël, le président Sarkozy se serait engagé à soutenir les efforts du Liban visant à empêcher une agression israélienne. Il aurait été question dans ce cadre des conditions de l'exécution de l'ensemble des dispositions de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU.
Ce dernier point a d'ailleurs été évoqué explicitement par le président Sleiman à sa sortie de l'Élysée, mettant l'accent sur la détermination du Liban à appliquer la résolution 1701 dans son intégralité. « J'ai évoqué divers dossiers avec le président français, dont notamment les progrès enregistrés sur le plan interne au Liban », a déclaré le chef de l'État qui a qualifié les relations libano-françaises d'« amicales, s'étendant à un large éventail de domaines ». « Nous avons également discuté des perspectives de règlement au Proche-Orient, et de l'entrée du Liban au Conseil de sécurité de l'ONU en 2010 et 2011, mettant l'accent sur la nécessité d'une coordination (entre la France et le Liban) pour régler les problèmes importants qui se poseront au Liban, aux pays arabes et au monde en général », a souligné le chef de l'État.
Interrogé sur le fait de savoir s'il avait évoqué avec son homologue français l'évolution des rapports entre Beyrouth et Damas, le président Sleiman a déclaré : « Évidemment, nous avons passé en revue toutes les questions qui intéressent le Liban et la région du Proche-Orient. » À un correspondant de presse qui lui demandait si le président Sarkozy l'avait convié à participer à la conférence internationale qui se tiendra à Paris à la fin du mois en cours, le chef de l'État a répondu : « Nous n'avons pas parlé de la conférence internationale. Au Liban, nous insistons sur la nécessité d'appliquer la résolution 1701 qui couvre tous les sujets en suspens. Nous insistons sur l'application de toutes les dispositions de cette résolution. »
En réponse à une question, le chef de l'État a démenti que son homologue français ait évoqué la question de la résolution 1559 du Conseil de sécurité. En ce qui concerne le projet de retrait israélien de Ghajar et l'éventuelle médiation de la France à cet égard afin de pousser Israël à exécuter un tel retrait, le président Sleiman a déclaré : « Nous attendons de voir l'exécution. Cette mesure aurait dû se concrétiser il y a trois ans. »
Interrogé sur les perspectives d'évolution des relations libano-syriennes après la visite du Premier ministre Saad Hariri à Damas, le chef de l'État a souligné que « les relations (bilatérales avec la Syrie) sont naturelles et bonnes, comme elles l'ont été par le passé à l'ombre de l'échange d'ambassadeurs et de la souveraineté de chacun des deux États sur son territoire ». Et d'ajouter : « Les relations avec la Syrie sont excellentes. Nous œuvrerons à les améliorer et à les faire progresser dans la bonne direction. » Le président Sleiman a, par ailleurs, déclaré que « le Liban met constamment en garde contre les violations israéliennes » (de la souveraineté libanaise), précisant que cette question avait été évoquée avec le président Sarkozy.

Les sources françaises
De leur côté, des sources présidentielles françaises ont indiqué que le président Sarkozy a réaffirmé l'appui de la France au Liban et à son gouvernement, rendant hommage « au rôle constructif joué par le président Sleiman au cours des derniers mois » et exprimant sa satisfaction au sujet des résultats enregistrés par l'économie libanaise. Le président Sarkozy a appelé au « renforcement des relations entre les deux pays dans tous les domaines », indiquent les sources françaises qui précisent que l'entretien avec le président Sleiman avait également porté sur le bilan de la conférence Paris III ainsi que sur l'évolution des relations libano-syriennes. « Le président Sarkozy a applaudi à la normalisation constante des relations bilatérales (entre Beyrouth et Damas) après la visite du président Hariri à Damas, le mois dernier. »
Les sources susmentionnées de l'Élysée ont rappelé à ce propos que le président Sarkozy avait incité à une telle normalisation entre Beyrouth et Damas, notamment à l'occasion de la conférence sur la création de l'Union pour la Méditerranée qui s'était tenue à Paris et en marge de laquelle il avait annoncé l'établissement de relations diplomatiques entre la Syrie et le Liban. Le président Sarkozy a relevé dans ce cadre que le président Sleiman a joué un rôle important dans le rapprochement entre Beyrouth et Damas.
De même source, on souligne d'autre part que le président Sarkozy a félicité le Liban pour son entrée au Conseil de sécurité. « Les deux parties ont décidé d'œuvrer ensemble de manière étroite sur les dossiers qui seront soulevés au Conseil de sécurité », indiquent les sources présidentielles françaises qui affirment que lors de l'entretien avec le président Sleiman, « Paris a mis l'accent sur l'importance qu'il accorde à l'application de la résolution 1701 ».

La situation au P-O
En ce qui concerne la conjoncture au Proche-Orient, les sources françaises indiquent que le président Sarkozy a exprimé son inquiétude au sujet de l'impasse dans laquelle se trouve le processus de paix, soulignant la nécessité de relancer les efforts de paix, lesquels sont entravés, selon lui, par « les extrémistes ». « Le président Sarkozy, ajoutent les sources françaises, a exposé au président libanais le bilan des concertations qu'il a entreprises au cours des derniers mois avec toutes les parties dans la région afin de relancer les négociations. Le chef de l'État français s'est dit prêt à ce sujet à accueillir une conférence regroupant les principaux acteurs afin de remettre sur les rails les négociations israélo-palestiniennes ». Quant aux pourparlers entre la Syrie et Israël, le président Sarkozy a souligné que le volet syro-israélien « est au cœur du processus de paix ».
Enfin, le président Sarkozy a réaffirmé devant le président Sleiman « la détermination de la France et de ses partenaires à empêcher l'Iran  de posséder l'arme nucléaire », exprimant son inquiétude quant à l'évolution de la situation interne en Iran. 
L'évolution de la conjoncture au Liban, à la lumière notamment de la formation du nouveau gouvernement présidé par Saad Hariri et du dégel enregistré sur le plan des relations libano-syriennes, ainsi que le problème posé par l'impasse dans laquelle se trouve le processus de paix au Proche-Orient ont été au centre de l'entretien que le président Michel Sleiman a eu samedi après-midi à l'Élysée avec son homologue français, le président Nicolas Sarkozy. De source digne de foi, on indique que le chef de l'État a exprimé à cette occasion ses craintes quant à une nouvelle agression israélienne contre le Liban, sous prétexte de crever l'abcès de la crise du...
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