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El-Qaëda au Yémen peut frapper à l'étranger malgré les récents revers

La tentative d'attentat contre un avion américain, revendiquée lundi par el-Qaëda au Yémen, prouve que le réseau extrémiste dans ce pays est capable de lancer des opérations extérieures malgré de récentes attaques contre ses bases, estiment des experts.

Malgré les pressions de Washington et de Ryad, les autorités de Sanaa n'ont pas vraiment agi pendant des années contre el-Qaëda, qui a pu se renforcer et agir hors du pays, selon ces experts.

La tentative du jeune Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab de faire exploser un avion de ligne américain est la dernière des actions attribuées à la branche saoudo-yéménite du réseau, el-Qaëda dans la péninsule arabique.

Le Nigérian a dit aux enquêteurs appartenir à el-Qaëda et avoir subi un entraînement au Yémen, selon les médias américains. Le réseau a également assuré lui avoir fourni l'explosif.

Sa tentative intervient quatre mois après une attaque suicide contre le responsable de la lutte antiterroriste d'Arabie saoudite, le prince Mohammed ben Nayef, qui a été légèrement blessé.

"L'incident de l'avion américain montre que ce groupe est capable de planifier et de mener des opérations à l'étranger", affirme Riad Kahwaji, qui dirige l'Institute for Near East and Gulf Military Analysis de Dubaï.

"Cela nous dit aussi qu'el-Qaëda, qui se décentralise depuis des années, s'est bien implanté au Yémen", ajoute-t-il.

el-Qaëda s'est fait connaître au Yémen avec l'attaque suicide en octobre 2000 contre le destroyer américain USS Cole dans le port d'Aden. Après de nombreuses opérations dans le pays, le groupe est resté discret entre 2003 et 2007.

"Il semble qu'il y a eu une trêve non déclarée entre ce groupe et les autorités", tant qu'il n'attaquait pas des cibles nationales, indique M. Kahwaji.

Pourtant, une série d'attaques ont visé des touristes étrangers au Yémen entre juillet 2007 et janvier 2008, sans que le pouvoir réagisse. En mars suivant, le groupe a visé l'ambassade américaine à Sanaa, tuant deux personnes.

Le réseau s'est ensuite encore renforcé après la fusion des branches yéménite et saoudienne, en janvier 2009, pour former el-Qaëda dans la péninsule arabique. Considérant l'Arabie saoudite comme le principal ennemi idéologique, il y a planifié de nombreuses opérations et y a introduit des armes.

Les autorités de Ryad ont multiplié arrestations et saisies d'armes de militants d'el-Qaëda ou proches de la mouvance cette année.

"Cela démontre combien el-Qaëda peut constituer un danger pour le royaume", note le porte-parole du ministère de l'Intérieur saoudien, le général Mansour al-Turki, qui relève que "la frontière est longue de 1.800 km avec du désert et des montagnes, il est difficile de la contrôler".

La tactique a désormais changé avec une coordination entre Sanaa, Washington et Ryad, estime M. Kahwaji, qui prend pour exemple les récentes raids aériens contre des bases d'el-Qaëda dans l'est du Yémen. Ils démontrent qu'"un front actif a été ouvert contre le groupe au Yémen", explique-t-il alors que selon la presse américaine, des spécialistes américains de la lutte antiterroriste entraînent depuis plusieurs mois les forces yéménites.

Selon les responsables yéménites, plus de 100 personnes, dont la moitié de civils, ont été tuées dans des opérations contre des militants d'el-Qaëda entre les 17 et 24 décembre.

Mohammed Saif Haider, un expert yéménite, estime pourtant que les victimes sont des seconds couteaux du réseau. L'imam radical Anwar al-Alawqi, qui a des liens avec Nidal Hasan, un psychiatre militaire auteur d'une fusillade meurtrière sur la base américaine de Fort Hood (Texas) en novembre, n'a pas été touché, selon ses proches.

La tentative d'attentat contre un avion américain, revendiquée lundi par el-Qaëda au Yémen, prouve que le réseau extrémiste dans ce pays est capable de lancer des opérations extérieures malgré de récentes attaques contre ses bases, estiment des experts.
Malgré les pressions de Washington et de Ryad, les autorités de Sanaa n'ont pas vraiment agi pendant des années contre el-Qaëda, qui a pu se renforcer et agir hors du pays, selon ces experts.
La tentative du jeune Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab de faire exploser un avion de ligne américain est la dernière des actions attribuées à la branche saoudo-yéménite du réseau, el-Qaëda dans la péninsule arabique.
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