Moyen Orient et Monde

Nouveau projet israélien de plus de 700 logements à Jérusalem-Est

Proche-Orient Les Palestiniens, les États-Unis et l'Union européenne condamnent fermement les appels d'offres qui risquent de torpiller la relance du processus de paix.
OLJ
29/12/2009
Israël a dévoilé hier un projet de construction de plus de 700 nouveaux logements dans des secteurs de Cisjordanie que l'État hébreu considère comme appartenant à Jérusalem. Sous la pression américaine, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné en novembre un « gel » (moratoire) de 10 mois des nouvelles constructions en Cisjordanie en excluant de cette mesure des zones frontalières situées à la périphérie de Jérusalem. Selon la feuille de route du projet dévoilé hier, le ministère israélien du Logement a lancé un appel d'offres pour la construction de 198 logements à Pisgat Zeev, 377 maisons à Neve Yaakov et 177 résidences à Har Homa, des colonies proches de Jérusalem. Ce projet s'intègre dans un plan plus vaste du gouvernement israélien, qui comprend la construction de milliers de nouveaux logements en Israël.
Un porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas a condamné le projet, affirmant que toute nouvelle construction dans le territoire occupé par Israël depuis la guerre des Six-Jours de 1967 était illégale. « Le gouvernement israélien prouve chaque jour qu'il n'est pas prêt pour la paix », a déclaré Nabil Abou Roudaïna, accusant Israël d'exploiter l'incapacité des États-Unis et de la communauté internationale à imposer un arrêt de la colonisation. Mahmoud Abbas exige un arrêt complet des activités de colonisation avant d'envisager une reprise des pourparlers de paix avec les Israéliens. « L'Autorité palestinienne condamne énergiquement la nouvelle décision de construire à Jérusalem-Est, ce qui pose la question si Israël entend geler la colonisation ou au contraire l'accélérer », a pour sa part déclaré à l'AFP Saëb Erakat, le principal négociateur palestinien. Il a appelé Washington à « réaliser que la politique du gouvernement israélien vise à renforcer la colonisation au lieu de chercher la paix ».
Au plan international, la Maison-Blanche a indiqué que les États-Unis « s'opposent à de nouvelles constructions israéliennes » dans la partie orientale de Jérusalem et rappelé que le statut permanent de la ville devait être négocié avec les Palestiniens. De son côté, l'Union européenne (UE) a déploré la décision « illégale » des autorités israéliennes. La présidence suédoise de l'UE s'est dit « consternée » par l'annonce des appels d'offres et a invité les autorités israéliennes à « reconsidérer ce projet ». Une telle décision « ne crée pas un climat propice à la reprise de négociations » sur le statut de Jérusalem, appelée à devenir la capitale de deux États, a-t-elle averti.

Incursion israélienne à Gaza et en Cisjordanie
D'autre part, des soldats israéliens ont abattu six Palestiniens samedi dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée, bilan sans précédent depuis des mois dans la région. Trois des tués appartenaient aux Brigades des martyrs d'al-Aqsa, groupe armé lié au Fateh, le mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas, et qu'Israël accuse d'être à l'origine de la mort d'un colon israélien qui circulait en voiture deux jours plus tôt en Cisjordanie. Le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, a « condamné énergiquement » ces attaques, signe selon lui d'une « escalade extrême ». « C'est un jour de tristesse pour les Palestiniens », a-t-il souligné. Il a exprimé l'espoir « de ne pas être emporté dans un cycle de violence, de chaos et d'instabilité » et invité la communauté internationale à empêcher toute nouvelle dégradation de la situation. Pour Nabil Abou Roudaïna, proche collaborateur du président Mahmoud Abbas, « cette grave escalade de la part d'Israël montre que l'État hébreu n'est pas intéressé par la paix et cherche à faire exploser la situation ». « Israël est en train de torpiller les efforts de la communauté internationale et des États-Unis pour relancer les pourparlers de paix », a-t-il déclaré à Reuters. Abou Mahmoud, porte-parole des activistes, a préconisé une riposte « de sang et de feu » contre Israël, affirmant que le « crime ne resterait pas impuni » et ouvrirait « les portes de l'enfer ». À Gaza, les Palestiniens tués par balles étaient soupçonnés de vouloir s'infiltrer en Israël. Selon un représentant de la sécurité du Hamas, il s'agirait de trois civils qui ramassaient de la ferraille dans une zone industrielle.
Ce regain de violence menace de faire dérailler la coopération engagée entre la police du Fateh et Israël en matière de sécurité avec le soutien des pays occidentaux. Il pourrait aussi en résulter un affaiblissement du Fateh au profit des islamistes du Hamas au pouvoir à Gaza.

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