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Moyen Orient et Monde

Triste Noël pour les chrétiens de Gaza, un an après la guerre

Reportage
OLJ
24/12/2009
Noël, cette année, ne sera pas festif pour la petite communauté chrétienne de Gaza où, un an après, le souvenir de l'offensive dévastatrice de l'armée israélienne hante toujours les esprits. « L'ambiance n'est pas à la fête pour célébrer Noël parce que cela coïncide avec l'anniversaire de la guerre, qui a été douloureuse, regrette Iyyad Sayegh, un pharmacien de 39 ans. Nous allons nous en tenir aux célébrations religieuses et aux prières à l'église, mais aussi à quelques visites aux parents et aux amis. »
À l'instar du reste de la population, les 2 500 chrétiens du territoire, principalement orthodoxes, ont souffert de l'offensive contre le Hamas (27 décembre-18 janvier), qui a fait plus de 1 400 morts palestiniens. Cette guerre, qui a fait 13 morts côté israélien, avait pour objectif de réduire le nombre de roquettes tirées par les groupes armés palestiniens contre le territoire israélien. Les chrétiens de Gaza, dont le nombre se réduit comme peau de chagrin pour cause d'exode vers l'étranger, sont aussi très éprouvés par le strict blocus imposé par Israël après la violente prise de pouvoir du parti islamiste en juin 2007, qui accentue les difficultés dans ce territoire exigu et pauvre où vivent 1,5 million de personnes. Les chrétiens disent ne pas craindre le Hamas, mais se méfient de certains éléments radicaux, notamment après l'assassinat il y a deux ans du responsable de la seule librairie chrétienne du territoire.
Présents et décorations sont rares en cette fin d'année dans les boutiques de Gaza. La plupart ont été acheminés d'Égypte à travers les tunnels de contrebande creusés pour contourner le blocus. « Certains de ces cadeaux ont été amenés d'Égypte via les tunnels car les points de passage sont fermés », explique Emad Barakat, 20 ans, qui tient un petit magasin du centre.
Petite soupape de décompression, les autorités israéliennes accordent cette année encore 300 permis aux chrétiens de Gaza pour assister à la messe de minuit à Bethléem, alors que 750 personnes du territoire en ont fait la demande. Iyyad Sayegh comptait faire le voyage, mais il a dû renoncer, sa femme n'ayant pas obtenu de permis car elle a moins de 35 ans.
Cette année, l'ambiance a été encore ternie par l'absence d'accord entre Israël et le Hamas autour de la libération du soldat israélien Gilad Shalit, détenu par le mouvement islamiste depuis plus de 3 ans, en échange de centaines de Palestiniens détenus en Israël. De nombreux Gazaouis espéraient qu'un tel échange aurait lieu ces jours-ci et se réjouissaient à l'avance de la perspective de retrouver leurs proches, qu'ils n'ont pu voir pour certains depuis le début du blocus, il y a deux ans et demi. « La vraie fête aura lieu lorsque (nous) briserons le blocus », clame Samir Abou Élias, 55 ans, qui refuse de fêter Noël cette année alors que des centaines de personnes vivent encore dans des tentes, leurs maisons ayant été détruites pendant la guerre. « Pour moi et ma famille, il n'y aura rien, ni douceurs, ni arbre de Noël, ni même de visites à la famille. Comment pouvons-nous faire la fête alors que des gens vivent sous des tentes ? »

Adel ZAANOUN (AFP)

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