La première séance du Conseil des ministres s’est tenue dans le calme : un délai de grâce ? Photo Dalati et Nohra
Rendant compte de sa visite à Washington et de sa rencontre avec le président Obama, le chef de l'État a informé les ministres de la demande d'équipement de l'armée en armes sophistiquées présentée par le Liban, afin de lui permettre de faire face notamment à la menace terroriste. Le président Sleiman a précisé qu'aucune promesse américaine n'avait été obtenue à ce sujet ; par contre, les États-Unis ont soulevé la question de la contrebande d'armes venant d'Iran et transitant par la Syrie, au profit du Hezbollah.
À cette question, le chef de l'État a indirectement répondu en soulevant pour sa part la question des violations récurrentes, par Israël, de la résolution 1701, que le Liban respecte scrupuleusement.
Le chef de l'État a également expliqué à ses interlocuteurs que les armes du Hezbollah sont un sujet qui doit être soulevé dans le cadre de la table de dialogue interne.
À son tour, le président du Conseil, Saad Hariri, a exposé les tenants et aboutissants de sa visite à Damas, qualifiant de « positifs » les entretiens qu'il a eus avec le président Bachar el-Assad, affirmant que sa visite pose les fondements d'une nouvelle phase des relations libano-syriennes.
Le chef du gouvernement a affirmé que les grands titres de tous les dossiers en suspens entre les deux pays ont été soulevés au cours de l'entretien, y compris celui du tracé des frontières, à charge pour les ministres concernés de donner suite, dans les détails, à l'examen de ces dossiers.
Il semble que tous les ministres présents, y compris ceux qui avaient des doutes sur la forme dans laquelle la visite de M. Hariri s'est déroulée notamment en l'absence de délégation officielle, se sont contentés d'écouter l'exposé du Premier ministre, sans commentaire.
Deir Ammar
Sur un autre plan, l'incident du matin - les tirs dirigés sur un minibus transportant des ouvriers syriens à Deir Ammar - s'est naturellement imposé en Conseil des ministres. Aussi bien le chef de l'État que le Premier ministre ont considéré que cet incident était dirigé contre le Liban, voire contre la récente visite effectuée par M. Hariri à Damas et le climat « franc et sincère » qui l'a marquée. Pour sa part, le ministre de la Défense, M. Élias Murr, a informé les ministres des détails disponibles au sujet de cette agression.
Le ministre de l'Information, Tarek Mitri, a relevé de son côté l'opportunité de l'utilisation des canaux diplomatiques entre les deux pays, à l'instar de l'entretien téléphonique entre les ministres des Affaires étrangères libanais et syrien, à la suite de l'incident du matin.
Sur un autre plan, on apprend que, sur proposition du Premier ministre, le gouvernement a décidé de subventionner le prix du mazout domestique. La subvention proposée est de 3 000 LL par 20 litres, et s'impose quand le prix du bidon dépasse les 15 000 LL.
Par ailleurs, à l'ordre du jour du Conseil des ministres figuraient des points demeurés en suspens du précédent gouvernement, dont certains ont fait l'objet de débats. C'est ainsi que le ministre des TP et des Transports, Ghazi Aridi, a soulevé, documents à l'appui, la question du contrat de la société de service des appareils à l'aéroport, la MEAS, où des négligences et des abus sont signalés de la part du CDR. En fin de compte, le contrat de la société a été renouvelé pour six mois seulement. Un appel d'offres international va être lancé, pour obtenir de meilleures conditions.
Pour sa part, M. Mohammad Fneich a soulevé la question de l'avenant à la convention Paris III signé par la ministre des Finances, Raya el-Hassan, avec la ministre française de l'Économie, Christiane Lagarde. M. Fneich s'est étonné de ce que le Conseil des ministres n'ait pas été informé des faits, relevant par ailleurs qu'il n'est pas question d'accepter la privatisation ou la vente des deux sociétés de téléphonie mobile. Entre questions ici et éclaircissements là, le débat sur la question devait traîner.
En conclusion, les ministres se sont entendus pour se réunir tous les mercredis, à 17 heures, et se sont séparés en échangeant leurs vœux.
Notons que le chef de l'État et le Premier ministre se sont rencontrés, en tête à tête, au début de la séance. En fin de réunion, les deux hommes se sont également retrouvés, cette fois en présence du ministre de la Défense, Élias Murr.

