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Liban - Éclairage

De Washington à Damas, des dossiers se ferment et d’autres s’entrouvrent

Précédée par une vague de critiques plus ou moins synchronisées, la visite du président Michel Sleiman à Washington s'est achevée dans un climat serein. Le chef de l'État a campé sur les positions officielles libanaises et le président des États-Unis a délivré son principal message sur l'afflux d'armes vers le Hezbollah. S'il ne faut pas attendre des résultats spectaculaires de cette visite, son importance réside d'abord dans le fait qu'elle reconnaît que la stabilité au Liban est un facteur important pour celle de la région et ensuite parce qu'elle a effectivement eu lieu et elle a permis un contact direct entre le sommet de l'État libanais et la nouvelle administration américaine. Selon des sources proches de Baabda, c'est au départ le ministre de la Défense Élias Murr qui a lancé l'idée de la visite, et elle a eu lieu à un moment qui convient à l'administration américaine dont le plan dans la région se heurte au refus israélien de faire la moindre concession, tout comme elle a aussi été accueillie favorablement par le Vatican qui souhaite que le président américain s'entretienne avec le seul chef d'État chrétien dans la région du Moyen-Orient. Les seuls à ne pas être contents étaient les Syriens qui estimaient que les États-Unis tardaient à donner des signes de bonne volonté à leur égard, en ne se décidant pas à envoyer un ambassadeur à Damas et en n'exerçant pas suffisamment de pressions sur Israël pour la relance du processus de paix. Les Syriens ont exprimé leur manque d'enthousiasme à l'égard de cette visite à leur manière, en demandant à leurs alliés de critiquer la politique des États-Unis (ce qu'ils font avec enthousiasme), puis en recevant le général Michel Aoun à Damas avec des égards et une chaleur rares. C'est d'ailleurs le général Aoun, à l'issue d'une rencontre avec le président Sleiman à Baabda, juste avant le départ de ce dernier pour Washington, qui a levé les dernières réticences en affirmant que le chef de l'État a le droit de se rendre là où il veut...
À Washington, le président libanais a rappelé ce qu'il avait déclaré dans son discours d'investiture, notamment que le Hezbollah est né lorsqu'il y avait un vide institutionnel et que l'armée paralysée par les troubles internes ne pouvait accomplir sa mission de défense du pays. C'est donc le Hezbollah qui a réussi à pousser les soldats israéliens à se retirer du Liban en 2000 et qui a affronté l'agression israélienne en 2006. Il a aussi demandé aux responsables américains de fournir des armes à l'armée libanaise pour que l'État puisse absorber la résistance. Il a aussi évoqué une liste d'armes nécessaires à l'armée qu'il avait remise à Jeffrey Feltman, ambassadeur des États-Unis au Liban alors que lui-même était commandant en chef de l'armée. De leur côté, les Américains ont posé le problème de la menace que constitue le Hezbollah pour Israël et pour la stabilité dans la région, s'élevant contre l'afflux d'armes en provenance de Syrie et d'Iran. La résolution 1559, qui a été à l'origine de la profonde division qui a marqué le pays au cours des quatre dernières années, n'a pas été évoquée, même si les armes du Hezbollah ont pesé sur les entretiens entre les responsables américains et libanais. Tout comme l'idée d'ouvrir un canal de négociations direct entre Israël et le Liban est restée en filigrane, sans que l'administration américaine se fasse beaucoup d'illusions sur la possibilité pour le Liban d'entamer séparément un tel processus dans le contexte actuel.
La visite de Washington ne constitue donc pas un tournant dans la vie politique libanaise, mais elle a permis une reconnaissance officielle au plus haut niveau mondial de la normalisation de la situation au Liban, grâce à la rencontre entre Obama et Sleiman, qui redonne sa place à la présidence de la République et confirme aussi son rôle de rassembleur entre toutes les parties libanaises. De même, le discours tenu (au moins officiellement) par les dirigeants américains est devenu moins catégorique, reflétant la nouvelle orientation de la politique américaine axée sur le dialogue et ne considérant plus le Liban comme une priorité dans la région, mais comme un facteur de la stabilité régionale.
La parenthèse américaine fermée, les regards se tournent de nouveau vers le Premier ministre et sa visite prévue à Damas. Les sources proches de la Syrie insistent sur le fait qu'elle aura forcément lieu et que c'est le prince Ablel Aziz ben Abdallah qui s'occupe exclusivement de ce dossier avec les responsables syriens et avec Hariri lui-même. À ceux qui évoquent l'affaire des commissions rogatoires frappant certaines personnalités libanaises, les mêmes sources rappellent qu'il s'agit d'une affaire judiciaire dans laquelle les autorités politiques n'ont rien à voir. Elles rappellent aussi que certaines personnalités libanaises affirment, lorsqu'elles sont interrogées sur les accusations portées contre la Syrie dans l'assassinat du Premier ministre Rafic Hariri, que l'affaire est entre les mains du TSL et que les accusations sont purement politiques. En d'autres termes, les tiraillements persistent entre les deux camps, en dépit des promesses d'ouverture ; et les Syriens semblent vouloir rendre au centuple les coups qui leur ont été portés. Mais officiellement, cela ne remet pas en cause la tendance générale à l'ouverture et à la normalisation des rapports... C'est dire combien ces rapports entre Libanais et Syriens demeurent compliqués, et qu'au sein d'un même courant, les avis restent partagés sur cette question. En somme, toutes les énigmes ne sont pas près d'être résolues.
Précédée par une vague de critiques plus ou moins synchronisées, la visite du président Michel Sleiman à Washington s'est achevée dans un climat serein. Le chef de l'État a campé sur les positions officielles libanaises et le président des États-Unis a délivré son principal message sur l'afflux d'armes vers le Hezbollah. S'il ne faut pas attendre des résultats spectaculaires de cette visite, son importance réside d'abord dans le fait qu'elle reconnaît que la stabilité au Liban est un facteur important pour celle de la région et ensuite parce qu'elle a effectivement eu lieu et elle a permis un contact direct entre le sommet de l'État libanais et la nouvelle administration américaine. Selon des sources...
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