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Culture - Exposition

Enfance de Chine, enfance câline sur cimaises

Donner du temps au temps et à l'enfance ses jeux et son insouciance. Sagesse chinoise illustrée par une exposition consacrée à l'art ludique de l'Empire du Milieu.

« La jarre aux 16 garçons » (XVIe siècle).

«Qui a beaucoup d'argent et pas d'enfants n'est pas riche; qui a beaucoup d'enfants et pas d'argent n'est pas pauvre » (dixit un proverbe chinois). Cette richesse, l'Empire du Milieu l'a chérie et l'a portée dans son cœur et dans son art des siècles durant. Témoin, une exposition organisée par la Sackler Gallery à Washington, qui donne à voir des œuvres inhabituelles et qui s'intitule «Jeux d'enfants dans l'art chinois». Ou l'amusement étalé sur deux millénaires. En contrepoint de l'inspiration picturale de ce pays, insufflant, par la représentation de sa faune et de sa flore, la sérénité de l'univers, on a affaire ici à l'effervescence du très jeune âge. Une quarantaine d'œuvres (rouleaux de soies, vases, boîtes, etc.) donnent à voir des enfants en train de se taquiner, de gambader dans la nature, sautant à la corde sur le rythme d'un gong. Des images simples et ludiques, néanmoins révélatrices de l'importance du rôle des divertissements juvéniles dans la vie sociale chinoise. Selon son organisateur, cette exposition jette la lumière sur un thème populaire, à savoir, les enfants considérés comme une bénédiction et le symbole de la bonne chance dans la culture
chinoise.
Ces images sont devenues populaires à partir du Xe siècle, durant le règne des dynasties Song, Yuan, Ming et Qing. Elles sont, à tous les niveaux sociaux, le reflet du désir de progéniture, surtout masculine. Les artistes vendaient ce genre de peinture au grand public qui désirait les acquérir soit pour les offrir, soit comme porte-bonheur. Quant aux empereurs qui aspiraient à la descendance mâle, ils commanditaient des peintures comportant seize enfants : un chiffre considéré comme de bon augure au regard de l'histoire populaire d'un ancien empereur dont les seize enfants l'avaient aidé à régner. Il est ainsi d'une œuvre en bleu et blanc, intitulée La jarre aux garçons, donnant à voir seize petits garçons s'ébattant dans un jardin.

Pas de petites filles à l'horizon
Par ailleurs, on a voulu que ces cimaises mettent en relief le contraste frappant entre la vie des enfants citadins et ceux de la campagne. Ces derniers apparaissent dans des paysages naturels, se livrant à des activités solitaires (menant des troupeaux ou pêchant), qui contribuent à la vie de la ferme familiale. On retrouve les enfants des villes évoluant dans des cadres apprêtés, notamment des jardins entretenus où leurs occupations sont surveillées de près par des mères ou des gouvernantes. Mais pas de petites filles à l'horizon. En effet, les enfants du sexe féminin sont rarement présentes dans ces peintures, les mères sont omniprésentes, suivant de près la croissance de leurs jeunes garçons. Car, dit un proverbe chinois : « Les enfants d'une mère sont comme des rêves et aucun n'est plus merveilleux que ses enfants. » Qu'il provienne de la ville ou des champs, le message est le même pour tous les enfants chinois : vous êtes l'avenir, mais prenez le temps de jouer et de vivre votre enfance. Et les artistes ont pris un soin particulier pour dire qu'ici, comme partout dans le monde, les enfants sont des enfants : bambins potelés et malicieux, ils se tirent les cheveux, s'émerveillent devant le marchand de jouets ambulant, courent après des papillons, chevauchent un mouton ou s'ébrouent dans un bain.
Enfance de Chine, enfance câline bercée par le grand art.
«Qui a beaucoup d'argent et pas d'enfants n'est pas riche; qui a beaucoup d'enfants et pas d'argent n'est pas pauvre » (dixit un proverbe chinois). Cette richesse, l'Empire du Milieu l'a chérie et l'a portée dans son cœur et dans son art des siècles durant. Témoin, une exposition organisée par la Sackler Gallery à Washington, qui donne à voir des œuvres inhabituelles et qui s'intitule «Jeux d'enfants dans l'art chinois». Ou l'amusement étalé sur deux millénaires. En contrepoint de l'inspiration picturale de ce pays, insufflant, par la représentation de sa faune et de sa flore, la sérénité de l'univers, on a affaire ici à l'effervescence du très jeune âge. Une quarantaine...
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