Moussa Raphaël est parti la nuit du 11 décembre, il a doucement refermé la porte derrière lui, sobrement et tranquillement, comme d'habitude, mais sa trace ne s'effacera pas pour autant.
Grand avocat, talentueux, percutant et d'une intégrité exemplaire, Moussa Raphaël était, avant tout, un homme d'exception.
Silencieux mais très expressif, il lui suffisait d'un sourire pour désarmer, d'une phrase pleine d'esprit pour expliquer et d'un simple regard pour apaiser.
Certains hommes ont le don de rassurer par leur seule présence, de conforter par l'écoute et surtout d'orienter par l'humour. Moussa Raphaël était de ceux-là et cela s'appelle la sagesse !
Le sage s'est éclipsé sans faire de bruit, mais son absence est assourdissante. Chaque instant passé en sa compagnie prend aujourd'hui une nouvelle dimension et une très grande ampleur.
Ceux qui l'ont connu mesurent à la fois le privilège dont ils bénéficiaient en le côtoyant et la douleur de savoir qu'il est parti. N'est-ce pas en période de guerre que l'on mesure la vraie valeur de la paix ?
Cher Moussa,
ces moments magiques que nous passions dans ton bureau, à la fin de chaque journée de travail, à discuter parfois de questions professionnelles mais souvent simplement des choses de la vie, ne se renouvelleront pas, pourtant leur intensité et le bien-être irradié à chaque fois par ta finesse et par ta philosophie se sont transformés en autant d'enseignements vivaces et présents. Tu vois, il ne suffit pas de mourir pour ne plus être là.
À plus d'une reprise, tu nous as montré, avec une dignité et une grandeur qui forçaient l'admiration, comment faire face aux épreuves et aux difficultés. Il ne fallait se départir ni de son calme ni de son humour :
C'est donc en te souriant que je te souhaite bonne route.

