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Moyen Orient et Monde - Climat

Le spectre d’un échec plane sur Copenhague

Les pays en développement suspendent brièvement leur participation aux groupes de travail.

Au Bella Center, des activistes, déguisés en ours polaires, ont participé à une manifestation « Sauvez également les humains ». Attila Kisbenedek/AFP

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exhorté hier les négociateurs de la conférence-climat de Copenhague à « redoubler d'efforts » pour parvenir à un accord. Depuis New York, M. Ban a rappelé que le temps était « compté ». « Ce n'est plus le moment de gesticuler (...) chaque pays doit prendre sa part pour sceller un accord à Copenhague », a-t-il lancé. « Si on laisse aux dirigeants le soin de tout régler à la dernière minute, on risque d'avoir un accord faible, ou pas d'accord du tout », a mis en garde le chef de l'ONU.
Les délégués de 193 pays - dont plus de 110 chefs d'État attendus en sommet le 18 décembre - doivent s'accorder d'ici à vendredi sur la meilleure façon de limiter le réchauffement à 2 °C, au-dessus des niveaux préindustriels pour éviter le chaos climatique.
À l'ouverture de la deuxième semaine des négociations, des maladresses de procédure ont exacerbé la frustration des pays africains qui ont brièvement suspendu leur participation aux travaux. À la fin d'une journée marquée par les tensions, la présidente danoise de la conférence, Connie Hedegaard, a dédramatisé la colère africaine, tout en prédisant d'autres « mnicrises » d'ici à vendredi car il y a « beaucoup d'intérêts en jeu », a-t-elle expliqué à la télévision danoise TV2 News. Les 53 pays africains, emmenés par l'Algérie, ont suspendu pendant quelques heures leur participation aux groupes de travail pour protester contre le manque d'attention portée à l'avenir du protocole de Kyoto, qui impose des contraintes aux pays développés jusqu'à fin 2012. « C'est le seul instrument qui nous garantisse que les uns et les autres prendront des engagements minimaux » pour réduire les gaz à effet de serre au-delà de 2012, plaide le délégué du Gabon, Étienne Massard Makaga. « Pour les Africains et la plupart des pays en développement, un bon Kyoto vaut mieux que deux tu l'auras », note l'ambassadeur de France pour le climat, Brice Lalonde.
Mais Japon et Australie refusent de discuter de nouveaux engagements tant que les débats ne progressent pas sur ceux des États-Unis et des grands pays émergents. Et l'Union européenne répugne à froisser les milieux économiques en affichant des ambitions que d'autres ne partageraient pas, selon M. Lalonde. Toutefois, selon un observateur européen, la crise a surtout pris racine en raison d'une maladresse de la présidence danoise, qui a « voulu avancer trop vite » en réunissant dès samedi, et de nouveau dimanche, les premiers ministres de l'Environnement arrivés à Copenhague, alors que la plupart des pays n'enverront les leurs qu'à partir de ce soir. « Les choses sont rentrées dans l'ordre. La présidente a joué un rôle utile, pertinent et décisif » après consultations, a assuré le ministre français Jean-Louis Borloo.
Reste que la conférence a perdu une demi-journée de travail, à quatre jours de l'échéance et alors que des divergences importantes continuent d'opposer pays développés - parfois entre eux - et pays en développement sur les points cruciaux : financement de l'accord, engagements de réductions d'émissions et mécanismes de contrôle. « De nombreuses questions sont à résoudre dans les prochains jours », a prévenu le ministre britannique du Climat, Ed Miliband, déjà arrivé à Copenhague. « Les dirigeants sont pratiquement en route. Leur rôle est important, mais les négociateurs et les ministres ne peuvent pas tout leur laisser » à trancher. De son côté, le Premier ministre australien Kevin Rudd, depuis Sydney, a exhorté chacun à davantage de souplesse : « Pour parvenir à un accord fort, il va falloir plus de compromis, de toutes parts », a-t-il dit en évoquant un
« risque d'échec » encore possible. À Bruxelles, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a également lancé une mise en garde : « De quoi aurons-nous l'air, vendredi ou samedi, s'il y a plus de 100 chefs d'État et de gouvernement venus du monde entier et que nous disons au monde qu'il n'a pas été possible de se mettre d'accord ? » s'est-il interrogé, jugeant un tel scénario « impensable ».
D'avance, la Chine a exclu toute responsabilité dans un éventuel échec. « Je sais que certains diront que c'est la faute de la Chine s'il n'y pas d'accord. C'est une ruse des pays développés. Qu'ils considèrent leurs propres positions sans utiliser la Chine comme prétexte », a lancé le vice-ministre des Affaires étrangères He Yafei, interviewé par le Financial Times à Copenhague. Dans la soirée, le porte-parole de Barack Obama a affirmé pour sa part que le président américain veut que la conférence de Copenhague aboutisse à un accord contraignant.
Parallèlement, plus d'un millier de jeunes ont manifesté hier sous très forte surveillance policière dans le centre de Copenhague en réclamant notamment l'ouverture des frontières aux réfugiés climatiques, a constaté un journaliste de l'AFP.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exhorté hier les négociateurs de la conférence-climat de Copenhague à « redoubler d'efforts » pour parvenir à un accord. Depuis New York, M. Ban a rappelé que le temps était « compté ». « Ce n'est plus le moment de gesticuler (...) chaque pays doit prendre sa part pour sceller un accord à Copenhague », a-t-il lancé. « Si on laisse aux dirigeants le soin de tout régler à la dernière minute, on risque d'avoir un accord faible, ou pas d'accord du tout », a mis en garde le chef de l'ONU.Les délégués de 193 pays - dont plus de 110 chefs d'État attendus en sommet le 18...
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