Le gouvernement israélien a accordé hier des crédits supplémentaires aux colons opposés à son moratoire sur les implantations en Cisjordanie. Yannis Behrakis/Reuters
Côté palestinien, le porte-parole de l'Autorité palestinienne, Nabil Abou Roudeina, a dénoncé le vote du gouvernement israélien, estimant qu'en encourageant la colonisation, il constituait un « défi posé à la communauté internationale et un nouvel obstacle » à toute relance du processus de paix.
La décision du gouvernement, adoptée hier par 21 voix contre les 5 voix des ministres du Parti travailliste, permet d'inclure certaines colonies juives de Cisjordanie dans les zones de « priorité nationale » bénéficiant d'aides et d'exonérations fiscales. Le gouvernement a décidé de reporter son vote prévu hier sur ce projet définissant des zones de « priorité nationale » en termes d'aide sociale et qui inclut notamment des colonies juives en Cisjordanie occupée, a indiqué un ministre israélien. « Le cabinet va débattre de ce plan et le vote à ce sujet aura lieu ultérieurement », a précisé aux journalistes le ministre travailliste de l'Agriculture, Shalom Simhon.
La décision du gouvernement doit permettre à 110 000 colons qui vivent dans ces implantations de bénéficier de quelque 28 millions de dollars de crédits supplémentaires. La liste définitive des colonies sélectionnées doit cependant être fixée par une commission interministérielle. En majorité isolées dans des régions où la majorité de la population est palestinienne, ces colonies ne devraient pas être incluses dans les blocs d'implantations qu'Israël espère garder dans le cadre d'un futur accord de paix avec les Palestiniens.
« Nous voulons ainsi faire comprendre (aux colons) que nous sommes sensibles à leurs difficultés et voulons les soutenir alors que nous avons adopté il y a deux semaines un gel (temporaire) de la construction en Judée-Samarie (Cisjordanie) », a déclaré avant le vote le ministre des Finances Youval Steinitz. Opposé à ce geste, le ministre travailliste des Affaires sociales Yitzhak Herzog a déploré que le gouvernement « accorde des aides à des implantations qu'il n'envisage pas d'annexer dans l'avenir ». Le parti centriste Kadima (opposition) a pour sa part estimé que cela « démontre que M. Netanyahu n'accepte toujours pas l'idée d'une solution à deux États » pour la paix au Proche-Orient.
Au total, un budget de plus d'un milliard de dollars doit être alloué au profit de 1,9 million d'Israéliens, juifs et arabes, dans des zones prioritaires en Israël et dans les implantations de Cisjordanie, sur un total de 7,5 millions d'habitants. Cela correspond à des crédits supplémentaires de 270 dollars par habitant. Ces aides et réductions d'impôts sont destinées à améliorer le système scolaire, les infrastructures, les moyens de transports et le soutien au logement.

