Vue d’un chantier dans la colonie de Har Homa, en Cisjordanie. Ammar Awad/Reuters
Les tentatives répétées de M. Netanyahu pour rassurer les colons - le Premier ministre leur a promis que « la construction reprendrait dès la fin du moratoire » de dix mois - ne semblent pas les avoir rassurés.
« Je doute fortement que la construction reprenne », a estimé Pinhas Wallerstein, l'un des dirigeants des colons, jugeant que « le simple fait de décider d'un gel (des colonies) aura des conséquences néfastes pour l'avenir ». Pour les organisateurs de la manifestation, une forte mobilisation permettra que « notre message soit entendu non seulement par Netanyahu, mais aussi à la Maison-Blanche », selon Dany Dayan, président du Conseil de Yesha.
Sur le terrain, des incidents ont opposé ces derniers jours des colons aux inspecteurs de l'armée chargés de faire respecter l'injonction gouvernementale de stopper les nouveaux chantiers en Cisjordanie. À Kedoumim, une colonie proche de la ville palestinienne de Naplouse, Daniella Weiss, l'ancienne maire de l'implantation et militante d'extrême droite, a confirmé ses projets de « poursuivre la construction » en Cisjordanie. « Nous sommes 600 000 juifs à vivre de ce côté de la ligne verte (en Cisjordanie) en comptant Jérusalem-Est (annexée par Israël en juin 1967), je vous assure que d'ici à cinq ans, nous serons deux millions », a-t-elle promis.
Parallèlement, un rapport publié hier par l'ONG israélienne Peace Now révèle que la construction de logements dans les colonies juives en Cisjordanie n'a toujours pas été gelée. Au contraire, affirme le rapport, il y a plus de chantiers en Cisjordanie que dans le reste de l'État hébreu. Selon les données de l'ONG, la construction de nouveaux logements dans les territoires occupés a augmenté de 27,6 % entre janvier et septembre, alors que dans le reste du pays elle a baissé de 3 %.

