Des soldats irakiens devant des bâtiments gouvernementaux complètement détruits par la série d’attentats de mardi à Bagdad. Ahmad al-Rubaye/AFP
Après le double attentat perpétré le 19 août contre deux ministères faisant plus de 100 morts, l'Irak avait déjà accusé Damas de fermer les yeux sur les agissements d'affidés de Saddam Hussein qui, selon lui, planifient à partir de la Syrie des attaques sanglantes sur son territoire. Le gouvernement avait rappelé son ambassadeur et demandé à l'ONU une commission d'enquête.
Alors que les élections législatives ont été fixées au 7 mars, le Premier ministre, Nouri al-Maliki, doit faire face à une attaque en règle de ses adversaires qui entendent démontrer l'inanité de ses efforts pour rétablir l'ordre dans le pays. « J'appelle (tous les politiciens) (...) à éviter d'utiliser ces désastres (les attentats) pour créer des conflits dans le cadre de la campagne électorale. Car si le temple s'effondre, il tombera sur la tête de tout le monde et aucune liste (politique) ne sera épargnée », a-t-il dit lors d'une intervention télévisée. Il a par ailleurs souhaité que « les pays voisins qui ont condamné ces attentats arrêtent les terroristes d'où qu'ils viennent ». Mardi, la Syrie avait condamné « avec force » ces violences.
Le chef du gouvernement a par ailleurs démis de ses fonctions hier le chef des forces de sécurité de Bagdad. « Nouri al-Maliki, commandant en chef des forces armées, a ordonné le renvoi du général Abboud Qanbar », indique un communiqué de son bureau. M. Qanbar sera remplacé par le général Ahmad Hachem Awoudeh.
M. Maliki a en outre demandé au Conseil présidentiel, qui regroupe le chef de l'État et les deux vice-présidents, de ratifier les peines de mort prononcées par les tribunaux. Selon Amnesty International, près de 900 détenus sont dans les couloirs de la mort en Irak.
Après les attentats de mardi, les députés se sont déchaînés contre le gouvernement et ont demandé l'audition aujourd'hui de M. Maliki et des ministres chargés de la sécurité. « Les députés sont en colère et la population l'est encore plus. Nous voulons savoir ce qui se passe. Qu'en est-il du plan de sécurité ? A-t-il été réexaminé depuis les attentats d'août et d'octobre ? Quels sont les résultats des enquêtes ? Pourquoi y a-t-il toutes ces explosions ? » a dit à l'AFP le député kurde Mahmoud Othman.
La Constitution donne au Parlement le droit d'auditionner les membres du gouvernement. Le ministre de l'Intérieur, Jawad al-Bolani, responsable de la police, a affirmé à l'AFP « être prêt à se présenter devant les députés à condition que la séance soit publique ».
Hier, sept personnes ont été tuées et 26 blessées dans des attentats à la bombe perpétrés contre des autobus dans la capitale et ses environs. À Mossoul, deux chrétiens ont été assassinés. Leurs corps ont été retrouvés en soirée et chacun d'eux avait été tué d'une balle dans la tête.

