Nadim Asfar, Nayla Audi, Ritta Baddoura, Karim Chaya, Johnny Farah, Charbel Haber, Riad Kamel, Joe Kesrouani, Rabih Kayrouz, Lara Khoury, Ranya Sarakbi, Milia M, Rani al-Rajji, Ziad Abillamaa et Pascal Tarabay ont accepté avec bonheur de se laisser librement aller à leurs fantasmes. Designers, musiciens, photographes, poètes, gastronomes, bijoutiers ou architectes, ces « locomotives du design » vont exposer une ou plusieurs de leurs créations qui seront produites en édition limitée, allant jusqu'à 10 pièces. «J'ai toujours voulu être plus qu'une boutique qui vend des objets de designers étrangers, souligne Rania Abillama Karam, propriétaire des lieux. Dépasser l'aspect commercial en créant des événements qui fassent une différence, autour de certains thèmes précis.»
Mystère et boule de gomme
Ce qui a pu être soutiré du curateur Alexandre Medawar, lui-même très joueur, par moments coquin, quelquefois vilain, est d'abord une envie de réunir des talents libanais, souvent devenus internationaux, autour d'un même thème. Une volonté de sensibiliser les gens au design et créer quelque chose de festif autour de l'objet et de sa conception. «Je voulais, poursuit le bad boy "ami de Mars et de Vénus", stimuler la scène de la création et du design local qui existe mais qui ronronne un peu dans sa propre dynamique. Rappeler que cet espace est plus qu'un prescripteur de talents, un lieu qui participe à la vie créative des designers locaux. Et permettre un mélange de foules, tant du côté des artistes que du public. Et puis c'est Noël, alors faisons la fête!»
Le rideau de «Over the Counter» va donc s'ouvrir sur une scénographie simple et sobre. Dans une ambiance qu'on imagine langoureuse et vaporeuse, baignant dans un flou artistique, embarquant les invités dans un voyage au pays des obscurs objets du désir.
Audacieuses mais jamais vulgaires, les pièces exposées, qui sont surtout des œuvres de véritables artistes, sont à regarder et apprécier avec un sourire, un point d'exclamation étonné et amusé, et puis trois points de suspension et d'extase.
Interdit aux moins de 18 ans, «il y aura même un videur à l'entrée», précise le coquin curateur sur un ton léger, mais il en est toujours ainsi avec Medawar, «il faut venir pour voir», poursuit-il. Et de rajouter, plus sérieusement: «L'engouement suscité avant l'événement, tant par les designers, qui n'ont pas pu en faire partie cette année, que d'un public déjà averti et impatient, nous pousse déjà à faire de "Naughty" une référence annuelle, une expérience à renouveler.»
L'exposition, qui lève le rideau aujourd'hui à 17 heures, se poursuit «tant que les objets ne sont pas vendus et retirés». Ce qui veut sans doute dire quelques jours très courts...
* « Over the Counter », immeuble Saint-Antoine, 150 rue Abdel Wahab al-Inglizi.


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