Le Parti social-démocrate (PSD) a toutefois contesté ce résultat. « Vu le grand nombre de voix annulées et de procès-verbaux modifiés par les bureaux électoraux départementaux, ainsi que le tourisme électoral massif, nous sommes obligés de contester le résultat de l'élection », a déclaré un responsable du PSD, Liviu Dragnea. « Notre conviction est que les Roumains ont élu M. Geoana, mais que l'appareil d'État de Traian Basescu essaie de faire sortir ce dernier comme gagnant, de manière frauduleuse », a-t-il ajouté.
L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui a déployé une vingtaine d'observateurs pour ce scrutin, a annoncé hier que la présidentielle s'était déroulée de manière « généralement conforme aux standards de l'OSCE ». Elle a toutefois appelé les autorités à enquêter sur les « signalements d'irrégularités, afin de renforcer la transparence du scrutin ».
Hier matin, après de premières déclarations du PSD évoquant des « fraudes », le président de l'association Pro Democratia Cristian Parvulescu avait déclaré à l'AFP « ne disposer de rien de concret prouvant une fraude massive ». Il avait néanmoins souligné « ne pas avoir une vision complète », puisque l'association avait déployé seulement 1 400 observateurs pour 21 000 bureaux de vote.
Le candidat social-démocrate Mircea Geoana, qui avait clamé victoire très ostensiblement dimanche soir, ne s'est pas exprimé hier et a évité les journalistes à son arrivée au siège du PSD où se tenait une réunion du parti. Dimanche, trois des quatre sondages diffusés aussitôt après la clôture du scrutin avaient donné M. Geoana en tête, avec jusqu'à trois points devant son rival. Si les deux candidats avaient chacun revendiqué la victoire, M. Basescu s'était montré plus prudent, appelant ses sympathisants à attendre « en toute confiance » les résultats officiels. M. Geoana, un ancien diplomate, avait en revanche multiplié les effusions de joie, parlant de « victoire indubitable », remerciant Dieu et appelant Basescu à un « transfert démocratique du pouvoir ».
Le Parti démocrate libéral (PDL) de M. Basescu a pour sa part annoncé son intention de lancer « très rapidement » des négociations en vue de la formation d'un exécutif. Mais selon M. Parvulescu, si le PSD engageait une bataille juridique pour obtenir un nouveau décompte des voix, « cela pourrait durer plusieurs jours et cela ne favorisera évidemment pas la formation rapide d'un gouvernement ».
Un tel scénario retarderait par ailleurs encore davantage le versement de nouvelles tranches de prêt par les bailleurs de fonds, qui attendent la mise en place d'un nouvel exécutif et l'adoption d'un budget d'austérité pour 2010.

