Après l'annonce de la crise de la dette de Dubaï, cette métropole, qui a connu un développement phénoménal ces dernières années grâce notamment à la main d'oeuvre étrangère, pourrait connaître un exode progressif des travailleurs expatriés.
Dubaï et le reste des Émirats arabes unis comptait à la fin 2007 une population estimée à 6,4 millions d'habitants dont 5,5 millions d'étrangers. Plus de trois millions étaient inscrits au ministère du Travail comme main d'oeuvre.
La situation est désormais très différente. L'immobilier a déjà perdu jusqu'à la moitié de sa valeur et les loyers les deux tiers, avant même l'annonce la semaine dernière des difficultés financières du conglomérat public Dubai World.
Les travailleurs asiatiques, qui représentent la majeure partie de la main d'oeuvre du bâtiment, sont les plus vulnérables, des centaines de nouveaux projets de construction d'une valeur de plusieurs milliards de dollars ayant été interrompus.
"Non, je ne suis pas inquiet", dit Bilal, interrogé sur son avenir immédiat. "J'ai travaillé ici deux ans, le contrat est pour trois ans". Il admet néanmoins que le fait de ne pas être sûr de trouver un emploi à la fin de son contrat le préoccupe.
Mais d'autres sont déjà touchés. Le chômage est désormais une réalité, souligne Thomas, un ingénieur de chantier âgé de 50 ans rentré jeudi à Kerala, dans le sud de l'Inde après avoir passé 10 ans à Dubaï. Son contrat a été rompu par la société de construction qui l'employait, touchée par la crise.
"De nombreuses ouvriers à Dubaï n'ont pas été payés ces trois derniers mois", précise-t-il à l'AFP.
"Mon vol était plein de gens qui rentraient", souligne-t-il. Pendant son séjour à Dubaï, il dit avoir envoyé chez lui suffisamment d'argent pour construire une maison dans son village et payer pour le mariage de ses trois soeurs.
"Que faire maintenant, se demande-t-il. Je n'ai pas de gros compte en banque ou de terrain pour soutenir la famille. Je vais peut-être tenter ma chance en Arabie saoudite ou à Mascate".
La grande majorité des expatriés asiatiques, n'étant pas autorisés à faire venir leurs familles à Dubaï, envoient leurs salaires au pays.
Pradeep, un garde de sécurité de 36 ans, explique que son salaire aux Émirats est suffisant pour nourrir la famille. Mais "le travail n'est pas stable, dit-il. L'économie va très mal".
Il est arrivé à Dubaï en 2003, puis est rentré en Inde avant de revenir à Dubaï début 2009.
Les problèmes économiques touchent des "secteurs spécifiques", en particulier celui des banques. "Beaucoup d'industries liées au secteur bancaire subiront une réaction en chaîne", explique Jino, qui travaille dans le secteur bancaire à Dubaï.
Satheesh, un ingénieur des travaux publics, a travaillé 19 ans dans le Golfe, dont les deux dernières années à Dubaï. Il est rentré à Kochi, dans l'État indien de Kerala.
"Je touchais 200.000 roupies (4.300 dollars) par mois à Dubaï, dit-il. À présent je suis au chômage, ma société m'ayant demandé de prendre un long congé et fermé le projet. Quatre cent cinquante travailleurs indiens de la société sont touchés".
Les étrangers travaillant dans la finance à Dubaï sont eux aussi inquiets. "Bien sûr, je suis préoccupé. Cela (la situation économique) va affecter mes bonus de fin d'année, et il pourrait y avoir quelques pertes d'emploi", affirme Sheraz, un auditeur pakistanais.
"Il y a encore beaucoup d'incertitude. Nous ne savons pas ce qui va se passer l'année prochaine", souligne cet homme de 27 ans.
Dubaï et le reste des Émirats arabes unis comptait à la fin 2007 une population estimée à 6,4 millions d'habitants dont 5,5 millions d'étrangers. Plus de trois millions étaient inscrits au ministère du Travail comme main d'oeuvre.
La situation est désormais très différente. L'immobilier a déjà perdu jusqu'à la moitié de sa valeur et les loyers les deux tiers, avant même l'annonce la semaine...


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