La déclaration est détaillée en dix points principaux. Elle adopte le plafond d'une hausse de deux degrés de la température de la Terre comme un maximum toléré, et considère que les émissions mondiales devraient atteindre un sommet en 2015, pour revenir au taux de 1990 en 2020. Ces émissions devraient être réduites, toujours selon le texte, de 80 % d'ici à 2050, pour atteindre une stabilité du taux de CO2 dans l'air ne dépassant pas 350 particules par million.
Dans son second point, la « déclaration de Beyrouth » appelle les pays à mettre au point des plans à long terme pour atteindre les objectifs visés, « suivant une distribution équitable des droits et des devoirs ». Pour ce qui est des pays développés, « et vu leur responsabilité historique », ils devraient réduire de 40 % au moins leurs émissions d'ici à 2020, et de 95 % d'ici à 2050, tout en assurant les fonds pour les mesures d'adaptation dans les pays en développement, et le transfert de technologies. La déclaration s'adresse aussi aux pays en développement, les appelant à limiter la hausse de leurs émissions à moins de 30 % d'ici à 2020, et à les réduire de 65 % d'ici à 2050.
Le texte s'attaque aussi aux activités d'adaptation dans le monde, estimant qu'elles doivent rester « conformes aux droits de l'homme », notamment en ce qui concerne les responsabilités des gouvernements envers leurs peuples, et que la priorité du financement doit aller aux pays les plus pauvres et les plus touchés par le réchauffement. Il appelle par ailleurs les pays développés à tenir leurs promesses de financement annuel pour l'adaptation dans les pays plus pauvres, avec un budget d'au moins 100 milliards de dollars par an dans une première étape, une somme qui devrait s'élever progressivement jusqu'à 200 milliards.
Les rédacteurs du texte revendiquent aussi l'établissement d'un nouveau centre autonome au sein de la Convention cadre des Nations unies pour le changement climatique (UNFCCC), qui serait chargé de gérer le financement et suivre l'application des plans nationaux à long terme. Ils refusent le soutien matériel aux carburants polluants comme le charbon ou les énergies fossiles, ainsi qu'aux technologies non durables, privilégiant le développement de pratiques propres et durables.
L'énergie renouvelable a été soulevée dans le document, qui propose les objectifs d'une proportion de 20 % de la production globale d'énergie d'ici à 2020, et 65 % d'ici à 2050. Enfin, les auteurs de la déclaration appellent le gouvernement libanais à adopter ce texte officiellement.
L'annonce de cette déclaration a été faite par le député Mohammad Kabbani, président de la commission des Travaux, en présence du député Marwan Hamadé, président de la commission de l'Environnement, de Seifeddine Kabbaro, directeur du PNUD, de nombreux députés, du directeur général du ministère de l'Environnement, Berge Hatjian, représentant le ministre Mohammad Rahhal, de représentants de la société civile, notamment Waël Hmaïdane, directeur exécutif d'IndyAct, qui a fait une présentation sur les négociations en vue de Copenhague et sur la nécessité d'une implication libanaise plus profonde dans le processus. L'expert Hassan Charif a eu une intervention sur le bilan des données scientifiques concernant le réchauffement global.
S.B.

