Des pèlerins s'entraident pour grimper sur le mont Arafat.Caren Firouz/Reuters
Les pluies torrentielles qui s'étaient abattues mercredi sur La Mecque et la ville portuaire de Djeddah ont inondé la ville de toile de Mina, où les fidèles ont passé la nuit, contraignant certains à quitter leurs tentes. « Ma tente a été inondée. Où puis-je aller ? » a demandé Adham Ibrahim, un pèlerin égyptien assis sur un tapis de prière sur le mont Arafat. Les autorités saoudiennes n'ont pas précisé si des pèlerins figurent parmi les victimes des inondations, inhabituelles en cette saison.
En attendant, l'un des moments les plus redoutés du pèlerinage, la traditionnelle manifestation antiaméricaine des fidèles iraniens s'est déroulée sans incident dans la matinée. Quelques milliers d'Iraniens y ont pris part, scandant des slogans hostiles à l'État hébreu et aux États-Unis. La manifestation, à l'appel des dirigeants iraniens, s'est déroulée alors que les policiers saoudiens se tenaient à l'écart du campement des pèlerins iraniens près du mont Arafat. Il était difficile d'évaluer le nombre de manifestants parmi les 65 000 fidèles iraniens présents à La Mecque, la plupart des pèlerins n'ayant pas quitté leurs tentes. Le chef de la délégation iranienne au hajj, cheikh Mohammad Richari, a lu un message du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, dans lequel il a dénoncé « les ennemis de l'islam qui œuvrent à diviser » les musulmans et plaidé en faveur de leur unité. Il a dénoncé l'action des « ennemis de l'islam (...) en Palestine, à Gaza, en Afghanistan et en Irak », déplorant la guerre entre les rebelles chiites et le gouvernement au Yémen, qui constitue selon lui « un autre coup de poignard dans le dos des musulmans ».
La manifestation a eu lieu en dépit de mises en garde des autorités saoudiennes contre une politisation du pèlerinage. En 1987, la répression par la police saoudienne d'une manifestation de pèlerins iraniens avait fait 402 morts, dont 275 Iraniens. Les relations diplomatiques entre Riyad et Téhéran s'étaient tendues et les Iraniens avaient été interdits de pèlerinage jusqu'en 1991.

