Le chef de l’État en compagnie du ministre de la Justice : une sanction-modèle. Photo Dalati et Nohra
M. Najjar, pour sa part, a affirmé que le Conseil de discipline du Conseil supérieur de la magistrature dispose d'une liste de 18 magistrats contre lesquels des plaintes sont déposées.
Le chef de l'État reçu hier le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, avec lequel il a débattu de la suite à apporter à ce premier cas de sanction. Une sanction qui est la plus sévère, semble-t-il, qu'un magistrat puisse encourir, puisqu'elle le radie de la profession et le prive de ses indemnités.
Le président Sleiman a considéré que cette sanction est un premier pas qui « doit servir de modèle aux organismes de contrôle, dans la lutte contre la corruption ».
« La réforme du système judiciaire est la pierre d'angle de toute réforme administrative », a affirmé le chef de l'État.
La nouvelle bâtonnière de l'ordre des avocats, Amal Fayez Haddad, a salué hier la mesure disciplinaire et a souhaité que ce pas « soit suivi d'autres, afin que toute corruption soit extirpée du corps de la magistrature et de l'administration ».
Mme Haddad a souhaité que le poste de président de l'Inspection judiciaire soit pourvu au plus tôt.
L'ancien bâtonnier, M. Ramzi Joreige, a rappelé à L'Orient-Le Jour que l'ordre a demandé, à maintes reprises, une réforme qui affecte « non seulement les textes législatifs relatifs à l'exercice de la profession, mais l'élément humain ».
Il a toutefois affirmé qu'il n'a pas encore pris connaissance du texte de la décision de sanction et qu'il attend de le faire, pour en juger.
En général, a-t-il quand même dit, il est préférable de garder confidentiels les noms des magistrats passibles de sanction, pour éviter la diffamation.
M. Joreige a enfin mis en garde contre toute « ingérence politique » dans le cours de la réforme.
Sous la plume de M. Roy Madcour, son vice-président, l'Association libanaise de droit pénal a affirmé que « le chantier de la réforme doit commencer par le politique, de sorte que le magistrat soit libre d'examiner les dossiers qui lui sont soumis, en toute conscience, et qu'il n'en juge qu'à la lumière de la loi, libre des ingérences et contacts qui le conduisent à se démettre ou à se départir de sa neutralité ».


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine