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Liban

Baroud boycotte l’Intérieur pour dénoncer l’affaire Rifi-Chaccour 


Si la crise politique sur fond administratif a été partiellement résolue hier entre les deux hommes-clés des Forces de sécurité intérieure, les généraux Achraf Rifi et Antoine Chaccour, un incident autrement plus sérieux a éclaté hier des suites de cette affaire lorsque le ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud, a décidé de marquer sa colère sur les suites de cette affaire par une bouderie, boycottant ainsi son ministère et la réunion du comité de rédaction de la déclaration ministérielle.
Ainsi, et pour le deuxième jour consécutif, la discussion autour de la déclaration ministérielle a été relayée, hier encore, par la crise institutionnelle qui secoue depuis quelque temps les Forces de sécurité intérieure et qui avait fait l'objet jeudi soir d'un rebondissement spectaculaire.
Alors que l'accord de principe qui avait eu lieu entre le ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud, et le directeur général des FSI, le général Achraf Rifi, était censé mettre un bémol au conflit qui oppose ce dernier au commandant de la gendarmerie, le général Antoine Chaccour, et reporter, au lendemain, le règlement du litige personnel qui envenime depuis quelque temps la relation entre les deux hommes, le général Achraf Rifi a décidé de faire autrement, en adressant une mise en demeure à son subordonné, faisant éclater pour de bon l'abcès. L'affaire a pris une dimension bien plus grave lorsque le général Rifi a pris sa décision sans en informer son supérieur hiérarchique, le ministre de tutelle, Ziyad Baroud, qui, surpris par ce comportement inattendu, a claqué jeudi soir la porte du comité rédactionnel pour ne plus revenir.
En ce faisant, M. Baroud avait d'ailleurs clairement signifié qu'il « n'acceptera plus d'être la cible des tiraillements politiques », soulignant que l'affaire avait manifestement fait l'objet de manipulations politiques qu'il ne saurait tolérer. Le ministre a reçu en soirée l'appui des Forces libanaises.
M. Baroud devait poursuivre sa contestation hier encore, en boycottant son propre ministère, et en soirée, la réunion du comité rédactionnel.
En cours de journée, vendredi, et au lendemain de nombreuses tractations politiques auxquelles avaient pris part le Premier ministre Saad Hariri et les ministres Gebran Bassil, Waël Bou Faour et Youssef Saadé, et qui avaient duré jusqu'à l'aube de vendredi, on apprenait que le général Rifi était revenu sur sa décision, renonçant à la sanction imposée au général Chaccour. Ce dernier devait pour sa part s'engager à exécuter les ordres préalablement donnés par le directeur des FSI, dont il avait refusé jusque-là de tenir compte.

Le film du désaccord
Quelle est donc cette goutte qui a fini par faire déborder le vase, faisant éclater au grand jour un conflit qui était resté jusque-là confiné à l'intérieur de l'institution ?
Vendredi dernier, le général Rifi avait pris une décision consistant à transférer le capitaine Raymond Khalifé du poste de gendarmerie de Batroun à la garde gouvernementale. Ce dernier devait être remplacé par le commandant Michel Abou Antoun. Cette décision administrative est considérée en temps normal comme une mesure de routine prise au lendemain de l'avènement d'un nouveau chef du gouvernement qui, d'habitude, peut réclamer des permutations au sein de la garde gouvernementale.
La demande écrite du transfert réclamé par le général Rifi a été renvoyée par le commandant de la gendarmerie au directeur général, avec l'annotation suivante : « À la lumière notamment de la poursuite de la politique d'occultation de l'avis du commandement de l'unité de la gendarmerie, nous ne pouvons obtempérer. »
Sur cette réponse, le général Rifi a adressé une lettre sévère à l'officier dans laquelle il l'accuse de « recourir depuis un certain temps à l'arbitraire dans l'exécution de ses ordres au sein de la direction », précisant au passage qu'il n'a pas encore utilisé ses prérogatives lui permettant de sanctionner l'officier subalterne, afin notamment de ne pas créer un précédent, et pour laisser la porte ouverte à un règlement à l'amiable. Le général Rifi a d'ailleurs profité de l'occasion pour demander à son subordonné de se plier à cet ordre et à d'autres ordres que l'officier avait également refusé d'exécuter. Le général Rifi a également sommé le commandant Chaccour de revenir sur certaines décisions prises au sein de la gendarmerie par ce dernier et considérées par son supérieur hiérarchique comme « illégales », décisions qui ont également trait au transfert de certaines unités. Selon des informations de presse, le conflit, qui, de toute évidence, ne date pas d'hier, aurait commencé « dès l'instant où il y a eu une mainmise du Courant du futur sur cette institution et sur ses décisions exécutives », une situation qui « aurait créé chez certains officiers des FSI le sentiment que l'institution sécuritaire est aux mains d'une partie politique donnée ».
 Les choses se sont exacerbées avec la mise sur pied et la consolidation du service des renseignements des FSI, que le commandant Chaccour et d'autres officiers considèrent à ce jour comme étant « illégal ».
Interrogé par L'Orient-Le Jour, un ancien haut responsable des FSI, qui a requis l'anonymat, a confirmé le caractère permanent d'un conflit qui, a-t-il dit, date de plus de trois ans entre les deux hommes d'une part, et, d'autre part, entre la direction et d'autres officiers chiites qui, à l'instar du général Chaccour, avaient également pris l'habitude de boycotter les réunions du conseil de commandement des FSI. La source, qui affirme avoir connu de près les deux généraux concernés, ne tarit pas d'éloges à leur encontre, mettant en cause les responsables politiques et la polarisation qui affecte le pays et l'ensemble de ses institutions. Selon lui, l'objet du conflit est superficiel en lui-même. « Mais les détails les plus insignifiants ont fini par prendre de l'ampleur à cause du climat politique ambiant et des tiraillements en présence », a-t-il dit. Pour la source, « les deux hommes sont également fautifs. Si l'insubordination du général Chaccour est inadmissible, le comportement du général Rifi, qui persiste à refuser de le consulter, l'est également ».
Contactée en soirée, une source proche du ministre Baroud a indiqué que ce dernier a décidé de garder un mutisme total autour de l'affaire, refusant de répondre aux questions.

Si la crise politique sur fond administratif a été partiellement résolue hier entre les deux hommes-clés des Forces de sécurité intérieure, les généraux Achraf Rifi et Antoine Chaccour, un incident autrement plus sérieux a éclaté hier des suites de cette affaire lorsque le ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud, a décidé de marquer sa colère sur les suites de cette affaire par une bouderie, boycottant ainsi son ministère et la réunion du comité de rédaction de la déclaration ministérielle. Ainsi, et pour le deuxième jour consécutif, la discussion autour de la déclaration ministérielle a été relayée, hier encore, par la crise...
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