Le patriarche Sfeir en compagnie du M. Eddé. Photo Émile Eid
M. Mitri a poursuivi : « J'ai dit hier qu'il reste une très petite partie du texte en cours de discussion, en ce sens que si nous considérons que la déclaration est composée de 5 pages, nous pouvons dire que 4 d'entre elles ont été discutées. » Répondant à une question concernant le bouclage de la déclaration avant la fête de l'Indépendance, le ministre a indiqué qu'il existe « plusieurs manières d'aborder le sujet : une manière directe et une autre plus souple. Ce qu'il faut dire, c'est que c'est la souplesse qui prévaut au sein du comité, parce que nous avons une mission qui consiste à nous mettre d'accord sur un texte ». Concernant le volet économique de la déclaration, M. Mitri a indiqué qu'il y a parfois des désaccords sur des mots, mais « il y a aussi des divergences de fond qui peuvent toutefois être surmontées lorsqu'on parvient à trouver un accord sur la forme » du texte. En réponse à une question, M. Mitri a espéré que le texte puisse être finalisé « au début du mois » prochain, une façon indirecte d'indiquer que le bouclage de la déclaration ne sera possible avant la fête de l'Indépendance.
Eddé et le 14 Mars
Le Amid du Bloc national, Carlos Eddé, figurait aussi parmi les visiteurs du patriarcat hier, et, à l'issue de sa réunion avec le patriarche Sfeir, il a abordé le dossier des assassinats politiques, mettant en relief le fait que cette vague de crimes n'a touché qu'une seule partie de l'échiquier politique, celle de la majorité au pouvoir, « alors que l'opposition n'a pas été inquiétée. Il faut reconnaître qu'après la conférence de Doha la peur s'est volatilisée (...) », alors que même l'opposition avait accusé le réseau el-Qaëda d'être à l'origine de ces assassinats. « El-Qaëda n'était pas représentée à Doha, que je sache, et je ne pense pas qu'un accord en ce sens ait été passé avec ce réseau », a-t-il dit, avant d'ajouter que l'analyse le pousse à croire qu'un accord avait été passé entre ceux qui étaient en train d'être assassinés et les assassins. « J'espère me tromper, mais c'est là un point important qui nous permet de comprendre pourquoi la peur prévalait avant le 7 mai (2008) et pourquoi elle a disparu après cette date », a-t-il souligné. Abordant la déclaration ministérielle, il a estimé que le fait de valider une nouvelle fois les armes du Hezbollah dans le cadre de ce texte est « une faute mortelle ».
Une délégation de l'alliance du 14 Mars s'est d'autre part rendue hier à Bkerké pour s'entretenir avec le patriarche maronite. À l'issue de la réunion, c'est le député Ammar Houry qui a pris la parole au nom de l'alliance pour indiquer que cette visite a pour but « de s'imprégner spirituellement et nationalement » de la sagesse de Mgr Sfeir. « Nous sommes revenus avec Mgr Sfeir sur les constantes nationales qui ont trait à la coexistence nationale au Liban et à la coexistence islamo-chrétienne qui restent plus que nécessaires et qui sont beaucoup plus qu'une formule constitutionnelle », a ainsi affirmé M. Houry. « Nous avons aussi discuté de l'État, et Sa Béatitude a insisté sur la nécessité pour les institutions étatiques d'étendre leur souveraineté sur l'ensemble du territoire libanais. Il a également mis l'accent sur la nécessaire mise en application de l'accord de Taëf avant de proposer d'amender le texte », a-t-il souligné.
Mgr Sfeir a par ailleurs reçu une délégation des commerçants de Jounieh, présidée par Tony Maroun.


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