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Culture - Peinture

L’ode aux amours défuntes de Benoît Debbané

Ben, alias Benoît Debbané, rend un dernier hommage à ses amours défuntes dans « In Loving Memory », l'exposition qu'il présente à la galerie The Running Horse*.

C’est fort, douloureux et moderne tout à la fois...            (Michel Sayegh)

L'accrochage est à l'image de l'artiste, grave et léger à la fois. Dramatique mais avec, ici et là, des pirouettes humoristiques qui allègent la noirceur de cet ensemble de portraits. De ses (ex) femmes aimées.
En fait, en guise de portrait, Ben semble avoir condensé toutes les femmes en une, préférant représenter un cliché féminin plutôt que des personnes réelles.
S'inspirant visiblement du modèle dominant...à Beyrouth et dans la région, Benoît Debbané compose, à l'acrylique et au pochoir, un visage de femme glamour, séductrice et fatale... à la Haïfa.
À la face de laquelle il va jeter, picturalement, sa passion et... ses griefs. Avec violence et poésie, avec une subtilité parfaitement maîtrisée dans le mélange des techniques de peinture, de graphisme et d'illustration, il arrive à communiquer aux spectateurs de ses toiles toute la gamme de ses sentiments. Intenses.
Comme Baudelaire, dont il cite «en exergue» sur toile quelques vers au ton vengeur, Ben a fait de ses Amours décomposées (titre de l'une de ses peintures) une œuvre
artistique.
Cela ressemble à une pavane pour amours mortes, à un exorcisme de ce «Noir désir» (groupe également cité dans une des œuvres) qui, «avec le temps, va, tout s'en va...». Un extrait qu'il emprunte, cette fois, à Léo Ferré, pour l'afficher en lettres typographiques rouges sur un de ces visages aimés comme une fin de non-re(ce)voir.
C'est fort, douloureux et moderne tout à la fois. Avec des clins d'œil facétieux dans certaines toiles, qui rappellent que l'artiste est resté ce grand enfant, capable de rire en pleine crise de larmes.
C'est du moins ce qui ressort de la quinzaine d'œuvres, en grand format (120 x 200, 120 x 140 et 180 x 100 cm), travaillées dans une palette réduite au noir, blanc, rouge, couleurs de la passion et du drame, par un artiste sensible et doué. Un écorché vif - même si cela semble cliché - qui en peignant en rose sanguinolent les viscères de ses icônes vénéneuses met, tout simplement, son cœur à nu.

* Jusqu'au 29 novembre, Running Horse (Médawar, près dépôt Sleep Comfort). Horaires d'ouverture: du lundi au vendredi, de 12h00 à 19h00, et les samedis, de 14h00 à 17h00.
L'accrochage est à l'image de l'artiste, grave et léger à la fois. Dramatique mais avec, ici et là, des pirouettes humoristiques qui allègent la noirceur de cet ensemble de portraits. De ses (ex) femmes aimées. En fait, en guise de portrait, Ben semble avoir condensé toutes les femmes en une, préférant représenter un cliché féminin plutôt que des personnes réelles. S'inspirant visiblement du modèle dominant...à Beyrouth et dans la région, Benoît Debbané compose, à l'acrylique et au pochoir, un visage de femme glamour, séductrice et fatale... à la Haïfa. À la face de laquelle il va jeter, picturalement, sa passion et... ses griefs. Avec violence et poésie, avec une...
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