Liane Mathes Rabbath: «J’aime tâter la matière et la voir prendre forme sous mes doigts.» (Michel Sayegh)
Après des études d'école hôtelière de Lausanne, Liane Mathes obtient son master en finance délivré par l'université américaine Webster de Genève et entame sa vie professionnelle auprès du groupe agroalimentaire devenu aujourd'hui le groupe Danone. En 1993, elle est nommée conseillère du commerce extérieur du Luxembourg au Liban, poste qu'elle occupe à ce jour. Mais en 2009, après avoir approché plusieurs disciplines artistiques notamment la peinture à l'atelier Guiragossian, elle se tourne définitivement vers le collage, qu'elle a appris chez l'artiste Tania Bakalian. « C'est à Tanbak que je dois d'avoir affiné ma maîtrise du collage, dit Liane Mathes Rabbath. Un art tactile qui affûte tous mes sens et particulièrement le toucher.» Et d'ajouter: «J'aime tâter la matière et la voir prendre forme sous mes doigts.»
Collages ludiques
Dans cet espace qui s'étire en longueur et qui a connu dans le passé ses heures de gloire, puisqu'il abritait une galerie marchande à l'architecture Art déco, les collages sur bois, lumineux derrière leur charpente en plexiglas et suspendus comme des toiles aériennes, dessinent des arabesques mi-sages, mi-folles. Une sorte de géométrie picturale et spatiale qui relie l'Orient et l'Occident. « Lorsque je me suis installée au Liban, avoue l'artiste, je me suis très vite adaptée, mais je n'avais aucun engouement pour tout ce qui était oriental. Aujourd'hui, cette sensibilité accumulée pour les dessins ressort instinctivement dans mon travail.» En effet, la démarche de Liane Mathes Rabbath est très intuitive: «J'avance à petits pas sans rien planifier.» «Certes, j'ai préalablement une bonne quantité de papiers découpés et enroulés. Je n'ai donc plus qu'à les ordonner ou... à les désordonner», dit-elle en riant. Ces emballages, conçus pour envelopper les papiers à soie des cigarettes, ne sont porteurs d'aucun message. Ils ont été spécialement choisis pour leur graphisme et les différentes possibilités de formes qu'ils peuvent créer.
Plus d'une cinquantaine d'œuvres qui ont voyagé, égayé des salles d'exposition et qui ont, avec le temps, suscité un intérêt accru. Plus de cinq ans de travail et voilà que l'art de Liane Mathes, s'inspirant de tout ce qui l'entoure, prend forme et s'affirme. Il a à présent sa propre identité. «Parfois, dit-elle, je suis devant un portique ancien, un détail architectural accroche mon regard, et voilà que je le transpose à ma façon dans mes collages.» Observatrice et curieuse de tout ce qui l'entoure, l'artiste aime explorer une rue, la découvrir. «Chaque quartier, chaque village du Liban a sa propre âme.» Ce sont ces fragments recueillis de ces milliers d'âmes, ajoutés à sa sensibilité mi-occidentale, mi-orientale qui rendent l'art de Liane Mathes Rabbath spontané et heureux.


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