À l'issue d'une rencontre avec son homologue américain, le président russe Dmitri Medvedev a pour sa part déclaré que l'Iran risquait de nouvelles sanctions si aucun progrès n'était enregistré. « Nous sommes prêts à aller plus loin » pour nous assurer que le programme nucléaire iranien est uniquement à des fins pacifiques, a-t-il mis en garde.
« Si nous échouons, d'autres options sont ouvertes, afin d'engager le processus dans une direction différente », a-t-il ajouté, faisant référence à de nouvelles sanctions contre Téhéran. La Russie s'est traditionnellement montrée opposée à des sanctions alourdies contre le régime de Téhéran.
« Tout processus doit connaître une issue. Ce processus de dialogue existe non pas pour le plaisir de discuter, mais pour atteindre des objectifs concrets », a insisté le président russe.
Quant au chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, il considère que la réponse de l'Iran est négative, dans un entretien publié hier par le quotidien israélien Yediot Aharonot. « Dans la pratique, la réponse a été quasiment donnée, et elle est négative. C'est dommage, dommage, dommage », a dit M. Kouchner.
Le week-end dernier, un responsable parlementaire iranien avait rejeté le projet de l'AIEA, tout en affirmant que l'option de l'échange d'uranium « restait sur la table ».
Hier à Téhéran, l'ancien chef des gardiens de la révolution Mohsen Rezaï a pour sa part appelé l'Occident à suspendre les sanctions contre Téhéran, afin d'instaurer la confiance.
« Je pense que la levée des sanctions contre l'Iran serait une réponse adéquate et une mesure de confiance de la part des Occidentaux », a déclaré M. Rezaï, candidat ultraconservateur à la présidentielle du 12 juin et secrétaire du puissant Conseil de discernement, plus haut organe d'arbitrage politique.
L'attitude du président américain montre que Barack Obama ne vaut pas mieux que George Bush, a estimé de son côté hier le président du Parlement iranien. « Après un an de discours et de slogans creux, il est lamentable de constater que le comportement et les attitudes du président ne sont pas meilleurs que ceux de son prédécesseur », a déclaré Ali Larijani devant les parlementaires.
Par ailleurs, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) doit dévoiler aujourd'hui à Vienne son nouveau rapport sur le nucléaire iranien.
Le rapport doit notamment faire le point sur les activités d'enrichissement d'uranium que mène la république islamique en dépit de sanctions répétées des Nations unies, et détailler les résultats de la visite d'inspection en octobre des inspecteurs de l'agence sur le site jusqu'alors secret de Qom.

