Des milliers de maoïstes, arborant des drapeaux rouges, ont manifesté contre le gouvernement. Prakash Mathema/AFP
Des milliers de militants, scandant des slogans contre le nouveau gouvernement de coalition et arborant des drapeaux rouges, ont bloqué les bâtiments du gouvernement au cœur de Katmandou. La police a évalué le nombre des manifestants à 16 000, les maoïstes parlant d'environ 200 000.
Les protestataires espéraient mobiliser au moins 300 000 personnes à l'occasion de cette manifestation, la plus grande depuis la démission du Premier ministre népalais, l'ex-rebelle maoïste Prachanda.
Selon la police, des heurts ont éclaté lorsque des militants ont voulu forcer les cordons de sécurité interdisant l'accès aux bâtiments gouvernementaux. Les policiers ont fait usage de bâtons et de gaz lacrymogène, a indiqué à l'AFP un commissaire de police, Kanchha Bhandari.
La télévision locale a fait état d'un blessé dans les affrontements, tandis qu'un responsable maoïste, Barshanan Pun, a évoqué une vingtaine de blessés.
Plus de 2 000 policiers antiémeute ont été déployés dans la capitale et la plupart des membres du gouvernement et des fonctionnaires de l'État ne sont pas venus travailler pour éviter les affrontements.
Les maoïstes ont remporté les élections au Népal en avril 2008, abolissant du même coup la monarchie, mais le gouvernement est tombé huit mois plus tard après la démission fracassante du Premier ministre. Ce dernier a invoqué la décision du chef de l'État de maintenir dans ses fonctions le chef de l'armée, pourtant limogé par le gouvernement pour insubordination. Les anciens guérilleros d'extrême gauche voulaient se débarrasser du général Katawal, un sympathisant royaliste, en raison de son refus d'intégrer à l'armée les 19 000 ex-combattants maoïstes cantonnés dans des camps supervisés par l'ONU.
L'ex-Premier ministre, Pushpa Kamal Dahal alias « Prachanda », présent parmi les manifestants, a déclaré à l'AFP que « la suprématie civile » avait été « détournée ».
« Le principal objectif de notre rassemblement est de la rétablir et, à moins d'un changement de la part du président, nous continuerons nos manifestations », a-t-il averti.

