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Moyen Orient et Monde - Conflit

Le Hezbollah, un modèle pour les rebelles chiites du Yémen ?

Le chef des rebelles zaïdites demande à Riyad d'arrêter son « agression ».

Les forces de sécurité yéménites peinent à venir à bout de la rébellion chiite.                         Khaled Abdullah/Reuters

Les rebelles chiites du nord du Yémen pourraient être tentés de marcher sur les traces du Hezbollah, selon des analystes à Sanaa qui s'interrogent sur les objectifs véritables des combattants zaïdites en lutte depuis 2004 contre le pouvoir central.
Farès al-Sakkaf, qui dirige le Centre des études de l'avenir, un organisme indépendant, évoque la perspective d'une formation politique flanquée d'une aile militaire avec un noyau d'administration locale. « Les Houthis n'annoncent pas leurs intentions réelles. Ils disent que l'État les empêche de pratiquer leur foi, et que c'est pour se défendre qu'ils ont pris les armes », déclare cet analyste à l'AFP. « Mais après six campagnes de combats avec l'armée depuis 2004, je pense qu'ils cherchent à avoir un parti politique avec une aile militaire qui pourrait trouver sa place sur la scène politique », comme le Hezbollah, dit-il. « Le réveil » des chiites au Yémen ressemble à celui des chiites du Liban même si « les Houthis ne sont pas une création de l'Iran », souligne M. Sakkaf.
Le zaïdisme, branche du chiisme, a commencé, selon lui, à se politiser lorsque le premier chef de la rébellion, Hussein al-Houthi, a lancé « une réinterprétation des textes religieux de sa communauté pour leur donner un contenu revendicatif ». « Ses petits fascicules, largement diffusés, ont dessiné un projet politique » articulé autour de la défense de l'identité zaïdite et de l'hostilité à l'Occident, explique M. Sakkaf.
Allié du pouvoir pendant la période d'ouverture démocratique des années 1990, Hussein al-Houthi a commencé à déranger par son activisme croissant, et c'est une opération pour arrêter cet ancien député qui a déclenché la rébellion en 2004. Cet activisme, le fait d'un groupe appelé « les jeunes croyants », une aile dure créée par Hussein al-Houthi au sein du parti zaïdite modéré al-Haq, s'est manifesté par un accueil houleux réservé au président Ali Abdallah Saleh lors d'une visite dans le nord en 2003. Il a culminé avec une manifestation monstre et violente dirigée contre l'ambassade américaine à Sanaa en protestation contre l'invasion de l'Irak la même année.
Sur le terrain, les rebelles dégradent, selon de nombreux récits, tous les symboles l'État, mais tentent aussi de créer le noyau d'une administration locale avec des juges, une collecte de l'impôt et la protection des civils zaïdites. Mohammad al-Dhahiri, professeur de sciences politiques à l'université de Sanaa, ne croit pas toutefois à une ressemblance entre les Houthis et le Hezbollah. « Ils sont différents idéologiquement », estime-t-il pour l'AFP, notamment parce que les Houthis ne vénèrent que cinq imams et que les chiites libanais en révèrent douze. « La géostratégie n'est pas la même », poursuit-il, expliquant que les Houthis peuvent difficilement justifier leur combat par la « résistance à Israël ». « On surestime la force des Houthis là où il faut parler de la faiblesse de l'État », dont les projets de développement ont été freinés par les rivalités entre tribus puissantes, faisant le lit de la rébellion, selon cet analyste.
Pour Mohammad Yahia al-Sabri, un dirigeant de l'opposition, « il n'est pas exclu que les Houthis cherchent à contrôler une partie du territoire pour pouvoir négocier une portion du pouvoir ». « Le pays chiite yéménite, négligé et où l'État est peu présent, ressemble en effet à la zone chiite libanaise, mais personne ne peut dire avec certitude que les Houthis ont les capacités du Hezbollah et son organisation à moins que quelqu'un veuille qu'il les ait », déclare-t-il, en allusion à l'Iran.
Par ailleurs, le chef de la rébellion zaïdite au Yémen a appelé l'Arabie saoudite à cesser ses opérations militaires contre les rebelles et démenti tout lien avec el-Qaëda ou des parties étrangères en allusion à l'Iran. L'Arabie saoudite « doit comprendre que l'intensification de ses attaques n'est pas dans l'intérêt des deux pays », a-t-il ajouté, assurant que « tant que l'agression se poursuit, nous serons obligés de nous défendre ».
Les rebelles chiites du nord du Yémen pourraient être tentés de marcher sur les traces du Hezbollah, selon des analystes à Sanaa qui s'interrogent sur les objectifs véritables des combattants zaïdites en lutte depuis 2004 contre le pouvoir central.Farès al-Sakkaf, qui dirige le Centre des études de l'avenir, un organisme indépendant, évoque la perspective d'une formation politique flanquée d'une aile militaire avec un noyau d'administration locale. « Les Houthis n'annoncent pas leurs intentions réelles. Ils disent que l'État les empêche de pratiquer leur foi, et que c'est pour se défendre qu'ils ont pris les armes », déclare cet analyste à l'AFP. « Mais après six campagnes de combats...
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