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Lifestyle - Gastronomie

Kamal Mouzawak dresse sa « Tawlet »

D'abord il y eut Souk el-Tayeb, né en juin 2004, porteur de si bonnes intentions. Un projet de développement durable signé Kamal Mouzawak, qui a bouleversé en quelques années la manière de manger des Libanais. Aujourd'hui il y a « Tawlet », le restaurant. Une table simple, conviviale, concoctée par les producteurs, pour le bonheur de tous.

Kamal Mouzawak, le goût naturel du partage.

C'était un début de soirée presque ordinaire, depuis quelques jours. L'automne plantait ses repères et la nature frissonnait. Dans une impasse plus qu'ordinaire, au bout de la rue Nahr, le moment était particulier, amical, coloré et festif. Des fleurs, un doux parfum de meghlé, de la musique orientale signée Tony Mourani, une foule amassée à la porte de ce qui ressemble à un restaurant très new-yorkais, des murmures, des rires et puis des invités ravis : Les voisins, légèrement intimidés, venus voir de plus près quel fou avait eu cette idée de fou, et l'en remercier ! Le Tout-Beyrouth mondain, et ils étaient nombreux, et puis les amis et les fidèles suiveurs d'un Kamal Mouzawak particulièrement ému.  « J'ai toujours cru en une évolution organique naturelle, un peu comme un mezzé où l'on passe graduellement d'une chose à l'autre. »
Drôle d'endroit pour amarrer son dernier rêve. « Non pas un restaurant de plus, précise-t-il, mais un lieu où des histoires se font, des liens se tissent et qui raconte l'histoire de mes ancêtres. » Et pourtant, cette adresse loin des quartiers in, suit une démarche cohérente pour ce dernier. N'a-t-il pas été le premier, avec la complicité de Rabih Kayrouz, à flairer les charmes, alors cachés par tant de poussières, de Gemmayzé, et réinventer Batroun la méconnue ? Et surtout, n'a-t-il pas réussi à transformer un triste parking de Saïfi en un magnifique marché aux légumes et aux fleurs, où les producteurs, invités d'honneur, et les habitués, ont fini par tisser des liens d'amitié et de respect ? « Il y avait d'abord, poursuit Kamal, l'aspect économique du projet.  Nous ne pouvions pas nous permettre d'être ailleurs. Et puis nous avons voulu que les gens viennent à nous », précise-t-il, aujourd'hui associé à Christine Codsi, consultante en management. « Lors de son année sabbatique, elle s'est gracieusement attelée à restructurer Souk el-Tayeb.  Aujourd'hui, elle fait partie intégrante du Souk et du restaurant. »

Cuisine et restaurant
« Tawlet » est donc un peu la continuation du Souk. Sa complémentarité. Un deuxième espace où les aficionados de produits du terroir peuvent déguster des plats cuisinés par des producteurs venus à tour de rôle, de toutes les régions libanaises, présenter leurs spécialités. Le restaurant-cuisine est un espace ouvert, simple, clair et authentique. Comme les plats qui s'y préparent. Du bois, de grandes tables avec un espace plus intime séparé par des portes coulissantes, mais surtout une ambiance vraie, des arômes, et une transparence totale constituent l'essentiel de la décoration. Aux murs, des œuvres de Léa Sednaoui, artiste et propriétaire de la galerie The Running Horse, et de peintres choisis par elle, renouvelés chaque mois. Le thème, bien évidemment : la nourriture. Ce mois-ci, c'est Alfred Tarazi qui s'affiche.
Ici, la limonade est préparée à la manière de nos mères, en les essorant pour y retenir la tendre amertume du citron. Les sodas sont interdits, les cigarettes aussi. Tout est exclusivement libanais, les ingrédients, les menus, la manière de cuisiner. Ouvert de 9 heures à 18 heures, du lundi au samedi, « Tawlet » propose tous les jours le buffet du producteur. « Un jour, il y aura Mona de Majdel Zoun qui viendra cuisiner sa mousse de viande, le lendemain Mohammad proposera sa moghrabieh maftoulé... » Les samedis, un brunch également 100 % terroir est servi de 9 heures à 16 heures. Des cours de cuisine sont prévus tous les mercredis après-midi. Le soir, pour ceux qui le désirent, « Tawlet » propose son espace et, à la demande, ses services. Enfin, une fois par mois, un chef cuisinier, un gourmet ou un auteur d'articles gastronomiques viendra amicalement faire son plat du jour. « La cuisine est une chose vivante qui doit évoluer d'une manière authentique. Nous avons ouvert Souk el-Tayeb en 2006, nous n'avons cessé de nous déplacer dans toutes les régions libanaises dans le cadre de Food & Feast pour découvrir et faire découvrir les spécialités du coin. Il nous fallait plus. Avec, toujours, ce désir de faire profiter le producteur.  »
Kamal Mouzawak, à présent synonyme d'authentique cuisine libanaise, comme l'attestent les nombreuses interviews parues dans la presse internationale, se dit satisfait. Il peut l'être. « La reconnaissance est importante. Elle aide à faire mieux et plus. » Et surtout semer, avec le cœur, des nourritures terrestres, et les récolter... avec le sourire.

C'était un début de soirée presque ordinaire, depuis quelques jours. L'automne plantait ses repères et la nature frissonnait. Dans une impasse plus qu'ordinaire, au bout de la rue Nahr, le moment était particulier, amical, coloré et festif. Des fleurs, un doux parfum de meghlé, de la musique orientale signée Tony Mourani, une foule amassée à la porte de ce qui ressemble à un restaurant très new-yorkais, des murmures, des rires et puis des invités ravis : Les voisins, légèrement intimidés, venus voir de plus près quel fou avait eu cette idée de fou, et l'en remercier ! Le Tout-Beyrouth mondain, et ils étaient nombreux, et puis les amis et les fidèles suiveurs d'un Kamal Mouzawak...
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