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Moyen Orient et Monde - Reportage

Cohue pour repasser l’ancienne frontière

Angela Merkel (un parapluie et une rose à la main) a franchi hier le pont de la Bornholmer Strasse, l’un des premiers postes-frontières ouverts en 1989, sous une bruine persistante.      Axel Schmidt/DDP/AFP

Dans une bousculade aussi spectaculaire qu'il y a 20 ans, lorsque les Allemands de l'Est avaient pu pour la première fois passer librement à l'Ouest, Angela Merkel a franchi hier un ancien point de passage du mur de Berlin avec Lech Walesa et Mikhaïl Gorbatchev. Sous une bruine persistante, Mme Merkel, tout sourire, a traversé avec ses hôtes et des centaines de personnes le pont de la Bornholmer Strasse, l'un des premiers postes-frontières ouverts en 1989, décoré aujourd'hui de grandes photos en noir et blanc montrant des scènes de liesse de l'époque.
Il y a 20 ans, la chancelière elle-même, qui habitait Berlin-est près de ce pont qui enjambe des voies ferrées, avait emprunté ce passage dès le soir du 9 novembre, tout comme certains des anonymes qui l'accompagnaient hier pour refaire ce chemin. « C'est un jour de fête non seulement pour les Allemands, mais aussi pour toute l'Europe et pour ceux qui ont plus de liberté, de la Russie jusque dans de nombreuses parties du monde », a lancé la chancelière, vêtue d'une veste de velours bleu marine.
Des milliers de curieux massés sur le pont étaient venus l'écouter malgré la pluie. Certains s'étaient juchés sur les poutrelles du pont, d'autres portaient des enfants sur les épaules. La délégation officielle, qui s'était munie de parapluies portant l'inscription « Liberté, unité, démocratie », disparaissait derrière un mur serré de badauds qui se bousculaient.
S'adressant à M. Gorbatchev, Mme Merkel a déclaré : « Vous avez laissé faire les choses courageusement et c'était plus que ce que nous avions escompté. Merci de tout cœur pour cela. » La chute du mur a été le « résultat d'une longue histoire de manque de liberté et de lutte contre ce manque de liberté. Nous n'étions pas les premiers en Allemagne, mais nous étions là quand la guerre froide a pris fin », a ajouté la chancelière, qui a grandi en ex-RDA. Le syndicat Solidarité a été « un incroyable encouragement », a-t-elle indiqué à l'endroit de l'ancien président polonais Lech Walesa, chef du syndicat Solidarité qui le premier avait défié l'étau communiste. « On oublie parfois aujourd'hui combien n'ont pas pu sortir pendant des années, combien ont été emprisonnés, combien d'enfants ont été brimés. Avant l'avènement du bonheur d'être libres, beaucoup ont souffert », a poursuivi Mme Merkel. « Ce que je regrette au fil des 20 dernières années, c'est qu'on ait mis autant de temps pour reconnaître cette forme d'injustice et de la réparer un peu », a-t-elle reconnu devant des milliers de curieux. La chancelière a appelé les jeunes générations, qui n'étaient pas nées à cette époque mais « qui sont ancrées dans l'Union européenne et auxquelles le monde est plus ouvert » qu'il y a 20 ans, à se souvenir.
Pour Judith Köhn, une marionnettiste de 30 ans qui a grandi à Berlin-Est, il paraît « normal de fêter ce jour, mais c'est sûrement moins émouvant pour les gens de ma génération ». Christel Schneider, une employée de banque de 62 ans, se souvient, elle, très bien du soir du 9 novembre 1989 à la Bornholmer Strasse. « Cette nuit-là, j'ai passé la frontière vers l'Ouest en voiture. C'était la folie. On roulait au pas tellement il y avait de monde. C'était extraodinaire. J'étais très curieuse de découvrir l'Ouest et j'ai été surprise que ce soit si vert », raconte-t-elle en arborant au-dessus de la foule un exemplaire d'un quotidien ouest-allemand du 10 novembre 1989 proclamant : « Le mur est tombé. »

Arnaud BOUVIER (AFP)
Dans une bousculade aussi spectaculaire qu'il y a 20 ans, lorsque les Allemands de l'Est avaient pu pour la première fois passer librement à l'Ouest, Angela Merkel a franchi hier un ancien point de passage du mur de Berlin avec Lech Walesa et Mikhaïl Gorbatchev. Sous une bruine persistante, Mme Merkel, tout sourire, a traversé avec ses hôtes et des centaines de personnes le pont de la Bornholmer Strasse, l'un des premiers postes-frontières ouverts en 1989, décoré aujourd'hui de grandes photos en noir et blanc montrant des scènes de liesse de l'époque.Il y a 20 ans, la chancelière elle-même, qui habitait Berlin-est près de ce pont qui enjambe des voies ferrées, avait emprunté ce passage dès le soir du 9 novembre, tout comme certains...
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