Des Yéménites se dirigent vers un camp de réfugiés situé dans la province saoudienne de Jizan. STR/photo AFP
Le gouvernement saoudien a averti qu'il ne tolérerait « aucune violation de sa souveraineté », au terme de sa réunion hebdomadaire sous la présidence du roi Abdallah. Le pouvoir yéménite a, lui, maintenu le silence sur les opérations militaires à la frontière avec l'Arabie saoudite. Peu auparavant, un responsable saoudien avait affirmé que les forces du royaume avaient réduit l'intensité de leur raid après avoir atteint leur objectif et qu'elles avaient capturé « des centaines » de rebelles zaïdites.
« Les raids aériens saoudiens ont repris ce matin » (mardi), a de son côté affirmé à l'AFP le porte-parole des rebelles, Mohammad Abdel Salam, joint par téléphone, ajoutant que les avions de combat saoudiens avaient « mené dimanche soir d'intenses raids contre les zones frontalières, en territoire yéménite ». Selon lui, ces raids visent depuis dimanche « Malahidh, situé à 7 km (à l'intérieur du Yémen), des villages frontaliers dont Hassameh et Chida, ainsi que plusieurs villages autour de Jabal el-Doukhan », une région montagneuse à cheval entre le Yémen et l'Arabie saoudite. « L'armée saoudienne a utilisé dans ses raids nocturnes des bombes au phosphore, incendiant des régions montagneuses », a affirmé le porte-parole. À Riyad, un conseiller du gouvernement ayant requis l'anonymat a démenti. « Nous avons simplement utilisé des fusées éclairantes », a-t-il indiqué à l'AFP. « Les bombardements intensifs (saoudiens) sur la région ont pris fin. Des unités tactiques sont actuellement déployées et nous voulons être sûrs qu'ils (les rebelles) ont été neutralisés », a-t-il ajouté.
L'Arabie saoudite était intervenue ouvertement le 3 novembre dans la guerre en cours depuis le 11 août entre les rebelles zaïdites, une branche du chiisme, et l'armée yéménite, après la mort d'un garde-frontière saoudien tué par des rebelles qui s'étaient infiltrés à Jabal el-Doukhan. Selon un bilan saoudien provisoire, les combats à la frontière se sont soldés par sept morts côté saoudien, dont trois militaires. Le ministre adjoint saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Sultan, avait reconnu samedi que quatre de ses soldats étaient portés disparus à la frontière, soulignant cependant qu'ils n'avaient pas été capturés. Mais la rébellion a mis en ligne hier soir une vidéo montrant ce qu'elle présente comme un « prisonnier » saoudien. L'homme, un caporal, s'identifie comme étant « Ahmad Abdallah Mohammad al-Amri, 27 ans », membre d'une unité des forces spéciales basées à Tabbouk (nord de l'Arabie saoudite), « immatriculation 272 », selon la vidéo mise en ligne sur un site utilisé par la rébellion (www.almenpar.net).
Par ailleurs, les rebelles ont fait état de plusieurs attaques de l'armée yéménite contre leurs positions dimanche. Selon un communiqué de la rébellion, ces attaques ont eu lieu à Harf Sufyan, à 70 km au nord de Sanaa et autour de leur fief de Saada, à 240 km au nord de la capitale.
Pour la deuxième journée consécutive, l'armée yéménite n'a pas donné de détails sur les opérations militaires dans le nord du pays, hormis une mise au point dimanche affirmant qu'un avion de combat que les rebelles disaient avoir abattu s'était écrasé en raison d'une défaillance technique.
La France a condamné « toute violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Arabie saoudite », et appelé « à l'arrêt immédiat des combats (au Yémen) et à un règlement politique ».

