Le Premier ministre libanais Saad Hariri
Le secrétaire général du Conseil des ministres, Souheil Bouji, a annoncé la composition du gouvernement en vertu d'un décret signé par le président de la République Michel Sleiman et M. Hariri, qui avait communiqué auparavant au chef de l'État une liste de 30 ministres dont deux appartiennent au Hezbollah.
"Le gouvernement d'union nationale est né", a annoncé M. Hariri, qui a pris la parole par la suite. "Nous ouvrons une nouvelle page", a-t-il indiqué.
"Ce gouvernement est à l'image du Liban actuel. Il peut paraître aux yeux de certains le reflet des différends confessionnels et politiques, mais nous devons prouver au monde entier qu'il est, aux yeux des Libanais, la véritable image de l'entente nationale", a-t-il ajouté.
"L'entente signifie la coopération, la coordination et la participation (...). Il faut que le Conseil des ministres devienne un pouvoir exécutif efficace responsable des affaires du pays et non pas un lieu de querelles politiques", a poursuivi le fils de l'ex-Premier ministre assassiné Rafic Hariri.
Il faisait allusion au précédent gouvernement d'union formé en 2008, au sein duquel les deux camps s'accusaient mutuellement de blocage, rendant impossible la prise de décisions importantes.
La formation du gouvernement était sur les rails depuis samedi et l'acceptation par le Hezbollah et ses alliés de la dernière proposition de gouvernement présentée par M. Hariri.
Le nouveau cabinet est composé de 30 ministres, dont 15 pour la majorité, qui est soutenue notamment par les États-Unis et l'Arabie saoudite, 10 pour la minorité, qui est appuyée par l'Iran et la Syrie, et cinq "neutres" désignés par le président Sleiman.
Le gouvernement d'union est une revendication du Hezbollah et de ses alliés qui refusent que la majorité s'arroge les décisions importantes, notamment sur la question de l'arsenal du Hezb, seule faction libanaise à ne pas avoir déposé les armes après la fin de la guerre civile au Liban en 90.
Selon cette formule, aucune partie ne disposera d'un droit de veto et M. Sleiman aura un rôle d'arbitre.
Le Hezbollah, considéré comme une organisation terroriste par Washington, est représenté pour la troisième fois de son histoire dans un gouvernement.
M. Hariri, fils de l'ancien dirigeant assassiné Rafic Hariri, avait été chargé de former un gouvernement après la victoire de son camp aux législatives du 7 juin.
Mais ses efforts ont longtemps été entravés par des revendications des deux camps sur la répartition des portefeuilles et le choix des ministres.
Le bras de fer sur les portefeuilles a commencé à se relâcher le mois dernier après l'amélioration des relations entre les principaux soutiens des deux camps, la Syrie et l'Arabie saoudite.
La France a salué la formation du gouvernement d'union, assurant M. Hariri de son "appui résolu", dans une déclaration du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.
La composition du nouveau cabinet :
Premier ministre : Saad Hariri
vice-Premier ministre et ministre de la Défense : Elias el-Murr (nommé par le président de la République)
ministre de l’Intérieur et des Municipalités : Ziyad Baroud (nommé par le président de la République)
ministre des Finances : Rayya Haffar (majorité)
ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur: Hassan Mneimneh (majorité)
ministre de l’Économie et du Commerce : Mohammad Safadi (majorité)
ministre des Travaux publics et des Transports : Ghazi el-Aridi (majorité)
ministre des Déplacés : Akram Chehayeb (majorité)
ministre de l’Information : Tarek Mitri (majorité)
ministre du Travail : Boutros Harb (majorité)
ministre de la Justice : Ibrahim Najjar (majorité)
ministre de la Culture : Sélim Wardé (majorité)
ministre des Affaires sociales : Sélim Sayegh (majorité)
ministre de l’Environnement : Mohammad Rahhal (majorité)
ministre des Affaires étrangères et des Émigrés : Ali el-Chami (opposition)
ministre de la Jeunesse et des Sports : Ali Abdallah (opposition)
ministre de la Santé publique : Mohammad Jawad Khalife (opposition)
ministre du Tourisme : Fadi Abboud (opposition)
ministre de l’Énergie et de l’Eau : Gebran Bassil (opposition)
ministre des Télécommunications : Charbel Nahhas (opposition)
ministre de l'Industrie : Ibrahim Dadayan (opposition)
ministre de l’Agriculture : Hussein Hajj Hassan (opposition)
ministre d'État pour les relations parlementaires : Michel Pharaon (majorité)
ministre d’État pour le Développement administratif : Mohammad Fneich (opposition)
ministre d’État : Jean Oghassabian (majorité)
ministre d'État : Mona Ofeich (nommé par le président de la République)
ministre d'État : Wael Abou Faour (majorité)
ministre d’État : Adnan Sayyed Hussein (nommé par le président de la République)
ministre d’État : Adnan Kassar (nommé par le président de la République)
ministre d’État : Youssef Saadé (opposition)
"Le gouvernement d'union nationale est né", a annoncé M. Hariri, qui a pris la parole par la suite. "Nous ouvrons une nouvelle page", a-t-il indiqué.
"Ce gouvernement est à l'image du Liban actuel. Il peut paraître aux yeux de certains le reflet des différends confessionnels et politiques, mais nous devons prouver au monde entier qu'il est, aux yeux des Libanais, la véritable image de l'entente nationale", a-t-il...


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