La visite de Abbas et les manifestations ont été retransmises en direct par la télévision palestinienne, qui multiplie les programmes de soutien au président de l'Autorité autonome depuis qu'il a annoncé jeudi ne pas désirer se présenter à l'élection prévue le 24 janvier prochain. En fin d'après-midi, Abbas a de nouveau pris la parole, lors d'un modeste meeting, sur un parking de Bethléem portant encore des traces de chenilles de chars israéliens. Il a affirmé qu'Israël n'avait rien fait pour avancer vers la paix. « Il semble qu'il ne veuille pas la paix, qu'il ne veuille pas cesser la colonisation et qu'il rejette le concept de deux États », a-t-il dit. « Je ne sais donc pas ce qu'ils veulent », a-t-il avoué.
En Israël, le président Shimon Peres a demandé à Mahmoud Abbas de reconsidérer sa décision. « Je lui dis en collègue : ne partez pas », a-t-il dit samedi soir lors d'un rassemblement à la mémoire du Premier ministre assassiné Yitzhak Rabin. Abbas, a poursuivi Peres, a vécu « de nombreuses déceptions, de nombreuses frustrations », mais, « connaissant mon peuple et le gouvernement d'Israël, je veux vous dire qu'Israël veut une paix véritable ». Mais Peres est pratiquement le seul dirigeant israélien à avoir demandé publiquement à Abbas de revenir sur sa décision. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui est parti hier pour une visite aux États-Unis, n'a fait, quant à lui, aucun commentaire sur l'initiative de Abbas.

