Portant une robe traditionnelle rose foncé, elle n'a fait aucune déclaration. « Suis-je belle quand je souris ? » a-t-elle simplement demandé aux photographes en souriant avant de repartir. Les deux diplomates américains espéraient poser les bases d'un dialogue à long terme avec la junte. « Les États-Unis sont prêts à prendre des mesures pour améliorer les relations mais ce processus doit être fondé sur des efforts réciproques et concrets du gouvernement birman », a relevé Kurt Campbell à la fin de sa visite. Lui et son assistant ont rencontré hier le Premier ministre Thein Sein à Naypyidaw, la capitale du pays depuis 2005, à 400 kilomètres au nord de Rangoun. Mais le généralissime Than Shwe, l'homme fort du régime qui limite au maximum ses rencontres avec les étrangers, est resté inaccessible. Selon les médias gouvernementaux, il était en mission dans le sud du pays.
Kurt Campbell est le plus haut responsable américain à se rendre en Birmanie depuis la visite en 1995, sous la présidence de Bill Clinton, de Madeleine Albright, alors ambassadrice des États-Unis aux Nations unies. Sa visite concrétise la prise de conscience par le gouvernement de Barack Obama de l'inefficacité des seules sanctions économiques, qui ne sont pas parvenues à faire évoluer l'un des régimes les plus fermés du monde. Le diplomate a souligné sa détermination à voir la Birmanie « respecter les droits de l'homme de son peuple, promouvoir la démocratie et appliquer les résolutions des Nations unies ».
Ce rapprochement bilatéral coïncide avec un réchauffement des relations entre la junte et Aung San Suu Kyi, qui a passé plus de 14 des 20 dernières années privée de liberté et qui demeure viscéralement détestée par Than Shwe. La figure de proue de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), principal parti d'opposition, avait remporté les dernières élections en 1990 mais n'a jamais été autorisée à exercer le pouvoir.
Hier, les diplomates ont d'ailleurs rencontré des cadres du parti. « Nous sommes restés concentrés sur le dialogue entre Mme Suu Kyi et le généralissime Than Shwe », a indiqué à l'AFP un porte-parole de la LND, Khin Maung Swe.

