Selon le site de l'opposition mowjcamp.com, l'un des chefs de l'opposition Mehdi Karoubi a été frappé par des partisans du pouvoir et a dû quitter les lieux d'une manifestation sous la protection de ses gardes du corps. Selon l'agence officielle IRNA, les opposants ont mis le feu à des bennes à ordures, cassé des vitres de bus et attaqué des policiers.
À quelques centaines de mètres de la place Haft-e Tir, des milliers de personnes se sont rassemblées à l'appel du pouvoir devant l'ancienne ambassade américaine. Arborant des drapeaux iraniens et portant des pancartes sur lesquelles on pouvait voir « l'Oncle Sam » recevoir des coups sur la tête, ils ont crié les slogans habituels de « Mort à Israël » et « Mort à l'Amérique ».
Le 4 novembre 1979, des étudiants islamistes avaient pris d'assaut l'ambassade américaine avant de prendre en otages ses diplomates pendant 444 jours. Les relations diplomatiques entre Téhéran et Washington avaient été rompues en avril 1980. Depuis, un rassemblement est organisé chaque année devant l'ex-ambassade américaine.
Après la dispersion des manifestants, le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, a déclaré hier que les États-Unis espéraient que la violence ne se propagerait pas en Iran. « Nous espérons fortement que la violence ne se propagera pas et suivons la situation de près », a déclaré M. Gibbs devant la presse. À l'occasion du 30e anniversaire de la prise de l'ambassade des États-Unis, le président américain Barack Obama avait affirmé plus tôt que l'Iran devait « choisir » entre rester fixé sur le passé ou ouvrir la voie à « plus d'opportunités, de prospérité et de justice » pour son peuple.
La dernière manifestation de l'opposition remonte au 18 septembre. Elle avait alors profité d'un rassemblement officiel propalestinien pour apporter son soutien à son chef et ancien candidat, Mir Hossein Moussavi, battu par M. Ahmadinejad. Après l'élection controversée de juin, des dizaines de personnes avaient été tuées et quelque 4 000 arrêtées lors de troubles qui ont plongé l'Iran dans sa plus grave crise politique depuis la révolution islamique de 1979.
Confrontée à des manifestations chez elle, la République islamique doit également faire face à des pressions accrues de la communauté internationale qui lui a demandé de répondre rapidement au projet d'accord de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur son programme nucléaire controversé. Hier, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a déclaré que les pourparlers entamés à Genève en octobre entre les six puissances et Téhéran sur le nucléaire seraient rompues si l'Iran ne répondait pas à l'offre de l'AIEA.

