«Voyage d'espoir» (portant la signature de Maurice Galli, le seul de la firme à avoir travaillé avec Harry Winston, décédé, lui, en 1978), qui est le symbole de l'expérience américaine, apparaît comme le nœud reliant deux rubans de baguettes de diamant de différentes formes. Pour Galli, c'est là la croisée des chemins de l'espoir et des opportunités. Il signe également une autre version, intitulée «Étreindre l'espoir » : trois rubans de diamant enlaçant la fameuse pierre, alors que celle-ci est pour la créatrice Rie Yatsuki la source d'une cascade en diamant qui dit «L'espoir renouvelé». Il reviendra au musée de choisir l'une de ces représentations qui sera montée et ensuite exposée au printemps prochain pour un temps limité. Puis, le Hope reprendra sa forme initiale. Et, au lieu de désigner un comité de sélection, le musée laissera le public choisir par voie de vote (via un site Internet) l'une de ces visions.
44, 52 carats et 300 ans d'âge
Le Hope est un diamant bleu de 44,52 carats qui provient des Indes. Il a été ramené en France par un marchand, Jean-Baptiste Tavernier, qui le vend à Louis XIV. La légende du diamant, régulièrement relancée, veut que la pierre ait été volée sur une statue de la déesse Sitâ. Pour cela, Tavernier aurait fini dévoré par des bêtes sauvages après avoir été ruiné (alors qu'il est simplement mort de vieillesse à Moscou, à 84 ans). Louis XIV fait tailler le diamant, qui passe de 112,5 carats à 67,5 carats, et le renomme «Bleu de France». Les successeurs de Louis XIV en font différents usages avant qu'il ne soit volé en 1792 et emporté en Angleterre où il est retaillé pour être plus facilement vendu. En 1824, la pierre est vendue à un banquier londonien, sir Henri Philip Hope, qui lui donne son nouveau nom. Son petit-fils, Henry Francis Hope Pelham-Clinton-Hope, l'hérite sous la forme d'une assurance-vie : il ne peut ainsi s'en séparer qu'avec l'autorisation du tribunal. Vivant au-dessus de ses moyens, il provoque la faillite de sa famille. Son épouse, l'actrice May Yohe, subvient seule à leurs besoins et lorsque le tribunal les autorise à vendre le diamant, elle part aux États-Unis où elle le revend un an plus tard. Il passe successivement à Pierre Cartier, fils du célèbre joaillier Louis Cartier, à Evalyn Walsh McLean et, enfin, au joaillier Harry Winston (de 1949 à 1958), qui en fait don au Smithsonian Institute de Washington. Afin de rendre le transport de la pierre le plus discret possible, Winston l'envoie au Smithsonian par voie postale, placée dans une simple enveloppe papier brun. Depuis, le Hope est toujours là, plus précisément dans une pièce qui lui est réservée. Et il reste le plus gros diamant bleu jamais vu à ce jour, même après la découverte des fabuleux gisements d'Afrique, de Sibérie, d'Australie, du Brésil et du Canada.


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