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Culture - Musique

Une Juliette de bric et de broc

 « Piano solo, le retour » ou « Piano solo 2 », tel est le nom du spectacle baptisé ainsi, à Beyrouth même, par cette auteure-compositrice-interprète nommée Juliette, qui a rendu une visite éclair au Music Hall et y a présenté un concert inoubliable. 
«Je suis contente d'être là, dans le cadre de la clôture du Salon du livre, car j'aime les romans », dit-elle en s'asseyant à son piano. Et de poursuivre : « J'aime raconter des histoires et j'aime ces mots qui deviennent soudain des hommes dans un monde qui m'ennuie. » Après cette introduction, le ton est donné et voilà Juliette Noureddine qui fait surgir tour à tour de sa boîte à musique des sons légers et graves, drôles, mais si sérieux car la poésie est à ses yeux une affaire sérieuse - «il y a encore de la poésie contemporaine», dira-t-elle en présentant un texte écrit par un poète belge.
Si une certaine Juliette avait la clef des songes, celle-là a bien la clef des sons, qu'elle insufflera dans son spectacle en toute générosité. Dans son monde merveilleux, poétique à la Fellini, car grand carnavalesque, les éléphants côtoient des bourreaux sentimentaux, «l'enfance est un parfum tenace, les filles sont à la vanille et les garçons au citron », et on y rend bizarrement hommage aux casseroles. Sa gouaillerie, son vocabulaire, son expression française toute particulière, car colorée et vivante, dessinent à coups de « notes » des atmosphères - et on ne le dira jamais assez, elle a une gueule d'atmosphère, la Juliette. Dans cet univers à la fois baroque et ludique, sentimental et fantasque, le ronflement est prétexte à une chanson d'amour et le motard d'Édith Piaf provoque un tango bien argentin.
Le politiquement correct? Connaît pas! Juliette fait l'éloge de la cigarette dans un a cappella qui ne s'envole pas en fumée, brise les cordes de son piano, pose ou prend la pose devant l'objectif des photographes, appelle un chat un chat. La rondouillarde aux lunettes rouges n'a pas la langue dans sa poche et quand elle entend dans la salle un portable sonner, ses oreilles se font assassines et son verbe meurtrier : «Grand compositeur, ce Nokia», lancera-t-elle semi-enjouée. Elle tente même de mettre le feu à la baraque. Pas le feu de Johnny. Non. Le sien est plus enfoui et plus intense. Il sent la braise de l'amour et la chaleur de la poésie, celle pleine de sentiments, bons ou mauvais, mais sentiments quand même.
Juliette Noureddine a le sang toulousain, mais le cœur méditerranéen. Elle avoue d'ailleurs avoir connu Beyrouth à travers les yeux de son père qui connaissait bien la ville. Mais Juliette ressemble aussi aux filles de la comtesse de Ségur, à Delphine et Marinette à jamais endormies dans les pages jaunies des livres d'enfants. Ces filles aux cheveux bouclés, aux joues et aux yeux tout ronds qui aimaient faire des bêtises et n'étaient finalement pas si sages que cela.
Enfin, Juliette est cette voix à mille voix, qui peut vous faire danser une valse à mille temps. À l'image de cette boîte à musique aux sons de laquelle une fragile ballerine esquissait des mouvements gracieux en tournant, la boîte en fer blanc de Juliette Noureddine mêle Schubert et Carlos Gardel lapis lazuli et brillants, carton pâte et sentiments. Elle emporte le public dans son monde léger, mais pas superficiel, dans cette sarabande de mots musicaux, de bric et de broc, appelée tout bêtement poésie. 
«Je suis contente d'être là, dans le cadre de la clôture du Salon du livre, car j'aime les romans », dit-elle en s'asseyant à son piano. Et de poursuivre : « J'aime raconter des histoires et j'aime ces mots qui deviennent soudain des hommes dans un monde qui m'ennuie. » Après cette introduction, le ton est donné et voilà Juliette Noureddine qui fait surgir tour à tour de sa boîte à musique des sons légers et graves, drôles, mais si sérieux car la poésie est à ses yeux une affaire sérieuse - «il y a encore de la poésie contemporaine», dira-t-elle en présentant un texte écrit par un poète belge.Si une certaine Juliette avait la clef des songes,...
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