Aucun élément de réponse n'aura été apporté. Durant une heure, le modérateur, Alain Nicolas, responsable littéraire du journal L'Humanité, semble avoir oublié le thème du débat. « Nous avons discuté avec les participants et nous avons décidé de partir de l'expérience de chacun », commence-t-il. Pourquoi pas.
Se penchant alors vers Charif Madjalani, journaliste et écrivain libanais, c'est à ce moment précis que le débat bascule pour ne jamais retourner sur les rails du thème décidé et annoncé, mais jamais abordé : « Vous avez parlé dans une interview des auteurs qui sont pour vous des références. Que pouvez-vous nous dire de ces référents aux nationalités
différentes ? »
Un peu désarçonné, l'écrivain bilingue se doit de parler dans le micro. Il enchaîne sur la question des références, qui se font de moins en moins nationales. « Aujourd'hui, on sort des carcans des nationalités, et nous sommes tous inscrits dans la littérature mondiale », se dépêtre-t-il. La question, posée à Cathie Barreau, prend une tournure comique.
Décrivant en détails les œuvres de l'auteure française, Alain Nicolas qualifie soudain sa prose de « classique ». « Pas du tout, se défend-elle, j'essaye d'adopter un style différent dans chacun de mes romans ! » Le critique sourit et se contente de poursuivre tranquillement son tour de table des auteurs préférés des intervenants. Emporté dans son élan, il ose une autre question, à Marie Cosnay : « Comment vous situez-vous par rapport au monde ? » Gênée, l'écrivaine répond : « Dans mon bureau, tout simplement... »
Une demi-heure plus tard, le « modérateur » propose au public de poser des questions. Silence dans la salle. Pas une seule fois le débat ne se sera approché de la question initiale : « Quels espaces pour la création francophone aujourd'hui ? ». Bravo aux intervenants : Charif Madjalani, Cathie Barreau, Marie Cosnay et Louis-Philippe Barreau. Leurs quelques anecdotes et touches d'humour auront rendu le « débat » moins pénible.


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