Les dirigeants européens, réunis en sommet à Bruxelles, ne sont pas parvenus à trouver un terrain d'entente hier sur les propositions de la présidence suédoise pour financer la lutte contre le réchauffement climatique et attendent une nouvelle proposition aujourd'hui, a-t-on appris auprès des délégations. Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt a toujours l'ambition d'avoir des chiffres dans sa nouvelle proposition, a indiqué une source proche de la présidence. Les discussions s'annoncent toutefois difficiles, car les positions sont encore très divergentes. Le document soumis hier aux chefs d'État et de gouvernements chiffrait à 100 milliards d'euros par an les besoins en financements des pays les plus pauvres pour lutter contre le réchauffement sur la période 2013-2020. Il estimait entre 22 et 50 milliards d'euros par an la part des financements publics internationaux et entre 5 et 7 milliards d'euros par an le soutien à accorder à ces pays de 2010 à 2013. Les dirigeants européens doivent décider du montant global de la contribution de l'UE et du mode de répartition de cet effort entre eux. Mais la chancelière allemande Angela Merkel a refusé hier tout chiffrage de la contribution européenne. La Pologne et huit autres nouveaux membres d'Europe de l'Est s'opposent pour leur part à une contribution européenne essentiellement fondée sur les émissions de CO2. Ils réclament en outre la prise en compte des importantes quantités de droits à polluer - 3 milliards de tonnes - qu'ils n'ont pas encore vendus. À 10 euros la tonne, cela représente un « petit capital » de 30 milliards d'euros, a indiqué un représentant polonais. « Il n'y a pas eu de rejet absolu », a toutefois confié un négociateur. « Les nouveaux États ont montré des dispositions favorables sur la répartition de la contribution, les surplus et le soutien financier à accorder aux pays les plus pauvres dès 2010 », a précisé un autre.
Sur la présidence de l'UE, deuxième dossier qui a dominé l'agenda hier, le président du Parlement européen, le Polonais Jerzy Buzek, a suggéré qu'une femme puisse être désignée à la tête de l'UE tout en soulignant que, selon lui, ce poste créé par le traité de Lisbonne devrait être une charge plus administrative que politique. « Regardons autour de nous. Combien y a-t-il de femmes présentes ? Ne devrions-nous pas nommer une femme au poste (de président de l'Union) ? Il y a de nombreuses femmes compétentes candidates et je demande aux États de l'UE d'y songer », a dit M. Buzek. Il a également estimé que la personne choisie devrait se contenter d'un rôle en retrait, d'organisateur des réunions des dirigeants européens, et ne pas chercher elle-même à régenter l'Europe.
La Grande-Bretagne promeut Tony Blair. Mais la « dame de fer » de Lettonie, l'ex-présidente Vaira Vike-Freiberga, est officiellement sur les rangs et est soutenue par son pays et la Lituanie. La présidente sociale-démocrate finlandaise, Tarja Halonen, 65 ans, n'a pas non plus fermé la porte à sa candidature. Et l'ancienne présidente irlandaise, Mary Robinson, a vu aussi son nom cité.
Parallèlement, les dirigeants des pays de l'UE ont accepté hier soir d'accorder à la République tchèque la dérogation qu'elle demandait pour ratifier le traité de Lisbonne, levant un obstacle majeur à son entrée en vigueur, ont indiqué des sources officielles concordantes. « Le texte (demandé par le président eurosceptique tchèque Vaclav Klaus) a été approuvé tel qu'il avait été proposé par la Suède », qui préside l'Union européenne, a indiqué un porte-parole du gouvernement tchèque, Roman Prorok. Le très eurosceptique chef de l'État tchèque demandait que son pays bénéficie d'une dérogation à la Charte européenne des droits fondamentaux, afin d'empêcher que les Allemands des Sudètes expulsés en 1945 puissent obtenir réparation. M. Klaus avait assuré avant le sommet qu'il ne s'opposerait plus à signer le traité de Lisbonne s'il obtenait satisfaction. Le traité doit impérativement être ratifié par les 27 pays de l'UE pour voir le jour. La République tchèque est le dernier d'entre eux à ne pas avoir encore achevé le processus car son chef de l'État avait posé des conditions pour apposer son paraphe.
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