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Moyen Orient et Monde - France

Angolagate : Pasqua contre-attaque en demandant la levée du secret défense

L'ancien ministre de l'Intérieur met en cause Jacques Chirac.
Condamné dans l'affaire de l'Angolagate, le sénateur Charles Pasqua a contre-attaqué en réclamant la levée du secret défense dans ce dossier.
L'ancien ministre de l'Intérieur, 82 ans, a été pour la première fois condamné mardi à une peine de prison ferme pour son rôle dans le dossier de l'Angolagate, une affaire de trafic d'armes remontant aux années 1990. Il a annoncé qu'il allait faire appel de cette condamnation. Cette condamnation vise notamment le versement par la société de ventes d'armes Brenco de quelque 230 000 euros en juillet 1996 à l'association France-Afrique-Orient, dont M. Pasqua fut un temps le vice-président.
Le sénateur des Hauts-de-Seine a immédiatement réagi en expliquant que « le président de la République (Jacques Chirac, à l'époque) était au courant » de cette affaire de ventes d'armes. « Le Premier ministre était au courant, la plupart des ministres aussi », a ajouté M. Pasqua, en estimant que « le moment (était) venu de mettre les choses au clair ». Dans son jugement, le tribunal accrédite les propos de M. Pasqua en dénonçant « l'incurie » des autorités, sans pour autant exonérer les prévenus de leurs responsabilités.
Relevant des « coïncidences » entre son ambition présidentielle déclarée en 2000 et le début de ses « ennuis » judiciaires, Charles Pasqua a demandé « la levée du secret défense sur toutes les ventes d'armes afin que l'on sache s'il y a eu des retours de commissions en France et qui en a bénéficié ». Hier sur Public-Sénat, M. Pasqua a enfoncé le clou en expliquant que « ces documents permettraient de savoir exactement ce que savait Jacques Chirac, président de la République, le Premier ministre et tous les ministres concernés ».
Il a souhaité que la levée du secret défense concerne d'autres dossiers sensibles comme Clearstream, les frégates de Taïwan : « Il faut tout lever ! Les Français ont besoin de le savoir. » Les juges d'instruction en charge de ces dossiers ont vu leurs investigations bloquées ou entravées par le secret défense. Le juge Renaud van Ruymbeke a rendu un non-lieu dans l'affaire des frégates de Taïwan, où l'on soupçonne le versement de rétrocommissions à des politiques, après avoir essuyé des refus de déclassification de documents. L'affaire Clearstream, qui a vu l'affrontement entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, avait pour origine des documents falsifiés prétendant révéler le nom de bénéficiaires de rétrocommissions. L'hypothèse d'une implication des services secrets a été évoquée.
Dans la foulée de Pasqua, les parlementaires socialistes ont lancé hier une pétition pour une levée « immédiate » du secret défense. Le président du MoDem, François Bayrou, s'est également dit favorable à cette demande, un bon moyen, selon lui, d'« assainir » la vie politique.
« Plus on fera apparaître la vérité dans ce genre d'affaires, mieux ce sera. Cela ne vise pas uniquement les ventes d'armes », a déclaré pour sa part Édouard Balladur en estimant cependant qu'il fallait « savoir où mettre la ligne de partage entre ce que sont les intérêts de l'État et ce que sont les intérêts des citoyens ».
Cette demande de levée du secret défense pourrait être examinée, a déclaré hier le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.
Condamné dans l'affaire de l'Angolagate, le sénateur Charles Pasqua a contre-attaqué en réclamant la levée du secret défense dans ce dossier.L'ancien ministre de l'Intérieur, 82 ans, a été pour la première fois condamné mardi à une peine de prison ferme pour son rôle dans le dossier de l'Angolagate, une affaire de trafic d'armes remontant aux années 1990. Il a annoncé qu'il allait faire appel de cette condamnation. Cette condamnation vise notamment le versement par la société de ventes d'armes Brenco de quelque 230 000 euros en juillet 1996 à l'association France-Afrique-Orient, dont M. Pasqua fut un temps le vice-président.Le sénateur des Hauts-de-Seine a immédiatement réagi en...
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