Le Hamas avait déjà qualifié vendredi d'« illégal et inconstitutionnel » le décret de M. Abbas convoquant des élections présidentielle et législatives dans tous les territoires palestiniens le 24 janvier prochain. Hier, le mouvement islamiste palestinien a indiqué dans un communiqué qu'il « refuse la tenue d'élections dans la bande de Gaza », avertissant qu'il « demandera des comptes à toute personne impliquée dans ces élections ». Le communiqué justifie cette décision par le fait que le scrutin a été « convoqué par quelqu'un qui n'a pas le pouvoir de faire une telle annonce », en référence au président palestinien. Le Hamas conteste en effet la légitimité de M. Abbas, qui a le soutien de la communauté internationale, en arguant qu'aux termes de la Loi fondamentale palestinienne, son mandat de quatre ans a expiré en janvier 2009. Dans son communiqué, le Hamas, qui avait vaincu son rival du Fateh lors des dernières élections générales palestiniennes en 2006, affirme qu'il rejette les scrutins convoqués pour janvier « parce qu'ils interviennent sans accord national » de réconciliation entre les factions palestiniennes.
L'Autorité palestinienne et le mouvement islamiste ont ouvert en février dernier un « dialogue de réconciliation », sous l'égide de l'Égypte, pour tenter de mettre un terme aux divisions mais jusqu'à présent en vain. Les deux factions sont à couteaux tirés depuis la violente prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas, en juin 2007, au détriment du Fateh, après 18 mois de coexistence houleuse au pouvoir. Un accord scellant leur réconciliation devait être signé fin octobre au Caire, mais seul le Fateh l'a signé pour l'heure, le Hamas se refusant à le parapher. Cet accord prévoyait entre autres de différer la tenue des élections générales palestiniennes jusqu'à la mi-2010.
Malgré ce refus du Hamas, l'Autorité palestinienne n'a pas fermé la porte à un accord afin de ne pas compromettre définitivement l'unité palestinienne. Lors d'un discours samedi à Ramallah (Cisjordanie), M. Abbas a insisté sur la nécessité de parvenir à la « réconciliation nationale ». « Nos mains sont tendues (vers le Hamas) pour mettre fin à la division et au différend car l'intérêt de la patrie est plus important », a répété hier M. Abbas lors d'un forum international sur al-Qods (Jérusalem) qui se tenait hier et aujourd'hui à Rabat.
Le roi Mohammad VI et le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa ont eux aussi appelé durant cette rencontre à la réconciliation palestinienne en vue de « mieux faire prévaloir les droits palestiniens ». Le roi a insisté sur le fait que « l'unité nationale et l'autonomie de décision sont l'unique voie à suivre et le seul gage pour disposer du pouvoir de négociation nécessaire ». « La division du peuple palestinien est une chose terrible », a déclaré pour sa part Amr Moussa appelant à une « réconciliation historique ».
Dans la soirée, une roquette tirée par des Palestiniens à partir de la bande de Gaza a explosé dans le sud d'Israël sans faire de victimes.

